La jeune louve courrait à perdre haleine à travers les bois. Maintes branches lui avaient laceré le visage, mais rien ne semblait pouvoir l'arrêter dans sa course effreinée. La langue pendante, des larmes roulant sur ses joues rebondies, les yeux plongés le plus loin possible devant elle, elle accéléra la cadense, effrayée en entendant un coup de feu. Ils se raprochaient. De plus en plus près. Il fallait courrir plus vite. Toujours plus vite. Sinon elle mourrait. Bien sûr, plus rien ne semblait là retenir à la vie. Les chasseurs venaient d'abattre son loup sous ses yeux. Elle aurait pu se livrer, se faire fusiller, et rejoindre son amant dans un lieu plus clément, là où les âmes de la forêt se retrouvent. Tout du moins, d'après la vieille légende ancestrale que lui contait tendrement sa mère le soir, tout au fond de leur grotte, pour l'aider à gagner les bras de Morphée. Mais une envie et une rage de la vie la tenaillait au ventre, et elle avait fui, avec l'intime désir de venger celui qu'elle aimerait jusqu'à son dernier souffle, et même au-delà. Bientôt, les bruits s'étaient tus. Plus aucun aboiement de chien ne se faisait ouir. Alors, Misha s'arrêta, et tomba de tout son long près d'un chêne, et s'évanouit de fatigue. Fragan ne reviendra plus. Fragan avait été assassiné. Les pleurs berçaient la femelle éplorée même dans son sommeil le plus profond. Mais elle le vengerait. Elle trouverait le moyen de le venger. Et elle tiendrait parole....
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"Robin, viens ici mon chien!"
Le Golden Retriever accourut vers son jeune maître de 12 ans, lui sauta dessus et lui lécha le visage.
"Robin, arrête, j'ai pas besoin d'être lavé!"
Le garçon riait aux éclats. Robin s'arrêta net en voyant les chasseurs revenir de leur expédition. Devant eux se tenait un puissant malamute du nom de Riwal. Le rival de Robin depuis fort longtemps.... Le golden apperçut un corps de loup sur l'épaule d'un homme. Il avait dû recevoir une balle à la tête et une au ventre, vu comment le sang était réparti sur le pelage de l'animal. Robin fronça les sourcils : comme tout chien qui se respecte, il se devait d'hair les loups. Mais il trouvait cela odieux d'assassiner ces canidés lorsqu'ils n'avaient rien fait de mal. Il s'avança vers la cohorte.
" -Bien le bonjour toi, souria sadiquement Riwal
- Content de te voir mon p'tit Riri, murmura Robin en lui rendant son sourire de prétentieux."
L'attaque ne se fit pas attendre. Riwal bondit sur Robin et lui mordit la patte avant-droite.
"RIWAL !!! RIWAL AUX PIEDS !!"
Ce dernier obéit à la voix de l'humain qui l'avait appelé, mais continuait à fixer l'autre chien avec une haine indéfectible dans le regard. Les chasseurs continuèrent d'avancer. Le golden retriver s'assit et continua de regarder ce loup meurtri, les yeux clos. Robin espera en vain qu'il n'avait pas laisser de famille derrière lui.
"C'est horrible, hein mon toutou ?"
Billy, le maître de Rob', s'était assis à côté de son chien. Ils restèrent là durant une heure, immobiles, à penser et réfléchir. A regarder voleter les papillons et écouter les discussions de deux vieilles passantes. Puis, la mère de Billy les appela. Le soleil se couchait. Avant de penetrer à l'intérieur de la maison, Robin jeta un dernier regard vers la forêt. Il se doutait que le lendemain les hommes repartirèrent de plus belle avec leurs fusils et leurs chiens. Lui, il n'était jamais parti en chasse. Il était simplement destiné à la compagnie des hommes. C'est pourquoi il était sousestimé par Riwal depuis leur plus jeune âge.
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Le croissant de lune brillait dans le ciel. Du haut d'un rocher, Misha hurla. Encore et encore. Mais bientôt sa voix se brisa. Les sanglots là prenaient de plus belle. Dans un susurement, des mots sortirent de sa gueule.
"Fragan, tu es parti trop tôt. Sois moi en témoin mon amour, je te vengerais. Je ne connaitrais de repos que lorsqu'ils auront tous péris. Le prix du sang.... La prix du sang....."
Un rire mauvais, presque démentiel, s'éleva dans la forêt. Les corbeaux s'envolèrent. Le silence retomba. La louve n'avait désormais plus rien à perdre, et la folie gagnait son âme. Lentement, elle reprit sa route en direction du village des hommes, avec comme toujours, les yeux pétillants de toute l'horreur et la tristesse qui emplissaient son corps.
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Un rayon de soleil vint chatouiller le museau de Robin. Le jour poindait, mais le chien était encore le seul reveillé de la maisonnée. Normal, nous étions Dimanche, jour sacré pour la famille Patterson.
Robin était âgé d'environ 4 ans et demi, était costaud mais pas autant que les chiens de chasse comme Riwal. Le golden retriver était tout ce qu'il y avait de plus affectueux, gentil, et adorable sur cette planète. Tout le monde l'aimait au village, surtout depuis le jour où il sauva le bébé de la famille Oterga, d'origine espagnole. N'ayant pas de barrière de securité, et la maman étant au téléphone, la petite Omara était tombée dans la piscine familiale. La mère ne s'en rendit point compte, jusqu'a ce qu'elle vit débarquer dans son jardin un chien qui bondit comme un deluré dans l'eau. Madame Alicia Oterga raccrocha le combiné et courrut vers le bassin dans l'intention de chasser la bête. Et quelle ne fut pas sa stupeur en voyant ce golden retriver revenir sur le bord du bassin, tenant fermement la gosse entre ses crocs, par la couche!
Ainsi, Robin était devenu un "héro", mais attisa encore plus la haine de Riwal : en effet, le malamute appartenait à la famille Oterga. Et c'est comme ça que Robin ne fut pas seulement detesté cordialement par son rival, mais aussi par tous les chiens de chasse.
Billy Patterson dormait à point fermé lorsque son chien pénétra dans sa chambre. Il s'assit près du lit et lécha amicalement la main du petit garçon. Celui-ce ouvrit un oeil et sourit à Robin, mais se rendormit aussitôt. La cabot décida donc de s'accorder une petite promenade matinale, ses maîtres ne s'inquièteront pas, étant accoutumés à ce genre de choses.
Quand Robin sortit par la petite porte prévu exprès pour lui, la première chose qui le frappa fut d'appercevoir un peu plus loin tous les chasseurs réunis, avec d'autres personnes, et les chiens évidemment.
"Ils sont probablement en train d'exiber un autre loup mort, soupira Robin"
Discrétement pour pas que Riwal, entre autre, ne le remarque, le golden se faufila lentement entre les jambes des humains. Et quelle ne fut sa surprise! Il tomba nez à nez avec une cage. Et à l'intérieur se trouvait une louve. Cette dernière, en voyant Robin de si près, se mit à grogner. Mais il ne recula pas : que pouvait-elle lui faire ainsi enfermée ? Il avait pitié d'elle. Mais comment avait-elle pu se faire prendre ? Quelle imprudence.
" - C'est vraiment une bonne prise, une bonne prise...
- Elle est encore vivante, la coquine....
- Un beau pelage... Ces reflets bleutés.... Qu'attendons-nous pour l'abattre ?
- Du calme Richard, il faut tirer là où il y aurait le moins de dégâts possibles pour le pelage... Nous pourrions en tirer un beau prix, il faut faire attention."
Les voix des hommes fusaient de partout. Ces chasseurs cupides resteraient decidement comme ils sont....Robin fixa tendrement la louve dans les yeux. Les traits de cette dernière se détendirent. Elle comprit à l'instant que ce chien, bien qu'était race d'enemi, ne lui ferait pas le moindre mal....
"Petite batarde, va !"
Riwal venait de bondir contre la cage dans un claquement de crocs sonord. La louve bleutée avait sursautée et était à présent oreilles baissées et queue entre les pattes.
" - Riwal, arrête de lui faire peur!
- Ah tiens tiens te voilà Roro...
- T'es pitoyable.... Je préfère Riri.... "
Robin ria méchamment, ce qui fit fondre le sourire narquois de "Riri" en un rien de temps.
" - Pourtant quand tu étais chiot, c'est bien comme ça que t'appelait Mme Ortega, n'est-ce pas Riwal ?
- Et toi, pour qui te prend-tu ? Pourquoi tu défend cette... cette....
- Louve ?
- Oui !!! s'écria Riwal, un filet de bave au coin de la babine. Ne me dis pas que tu es amoureux ? Tu me degoûte!"
Riwal s'en alla, depité. Bien entendu, Robin n'était pas amoureux de la louve bleutée. Mais il avait de la peine pour elle. Elle connaissait d'avance son funeste destin...Et lui, il ne devrait pas l'aider... Et pourtant.... C'est que le golden retriver avait prévu de faire dés la nuit suivante....
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L'horloge indiquait 01:18 du matin. Robin soupira d'aise : le père de Billy, Charles, s'était enfin endormi. Il faut avouer qu'il avait eu une dure journée au travail. Non pas dans le sens qu'il était très fatigué de son bon travail accompli. Seulement, le patron de Charles lui avait encore une fois lançé quelques brimades, et cela empêchait Monsieur Patterson de trouver le sommeil. Heureusement, une tisane à la camomille règla le problème, ce qui soulagea le chien. Il n'avait pas très envie que son maître le voit accomplir une petite escapade nocturne. D'habitude, cela ne posait pas d'ennuis particuliers, mais cette escapade nocturne était différente....
Après s'être assuré que les ronflements provenaient de la bouche de Charles, Robin sortit discrétement de la chambre et se dirigea vers la porte d'entrée. Il emprunta le passage canin et se faufila à l'extérieur.
Une brise fraîche. Les étoiles qui brillent. Le hululement lointain d'une chouette. Mais aucun hurlement de loup. Robin s'avançait vers le chemin qui conduisait à la cage. Les chasseurs ne s'étaient toujours pas mis d'accord sur la date d'exécution de la femelle. C'était donc l'occasion ou jamais. L'envie d'aider les loups et l'envie d'integrer les chiens de chasseurs avait
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