Werek sur moi.

- Aller Werek, relève-toi, tu peux y arriver.

Je me releva, et aida Werek en le soulevant, mais pour ça j’avais dû bander mes muscles au maximum, et reprendre la marche fut très dur.

Nous tombèrent encore une fois, et nous nous relevâmes, avec plus de difficultés encore.

J’étais épuisé, chaque pas me demandait un effort énorme. Tout au fond de moi-même je compris que ce que je faisais était bien au-dessus de mes forces, que j’avais déjà du mal à marche tout seul, et que même Tarak n’aurait pas pu faire ça. Mais je ne pouvais me résoudre à abandonner, Werek était encore en vie !

Mais bientôt mes forces m’abandonnèrent, je cessa de marcher, puis je sentis que mes pattes commençaient à fléchir, sans que je puisse y faire quoi que ce soit.

- Non ! Dis-je rageusement.

Mais rien à faire, je m’effondra, et Werek fit de même sur moi

Je voulus me relever, mais Werek ne bougea pas, il se laissait aller, et maintenant il était sur mon dos et pesait de tout son poids.

- Werek ! Remet-toi debout... Aller vas-y ! Je ne peux pas te soulever si tu ne fais pas petit effort !

- Je n’en peux plus, laisse moi me reposer.

- Tu vas mourir si tu ne te relèves pas ! Aller !

- Je veux me reposer…

- Werek ! BATS-TOI ! LUTTE CONTRE LA MORT… je t’en pris.

Mais le jeune loup était à bout de force, et il ne bougea pas.

J’attendit une minute puis j’essaya à nouveau de le soulever, espérant que Werek réagirait une fois remis debout.

Mais ce fut un échec, je parvins à me soulever un peut puis mes muscles cessèrent de m’obéir, et je m’affala dans la neige.

- NOOOON !

C’est alors que j’entendis des pas approcher. Tarak ? Non, c’était Balto.

- Papa ! …Viens m’aider.

Mais mon père ne bougea pas, et il avait un air très triste.

- Papa ! Que se passe-t-il ?

- Kodi… laisse-le.

- Mais, euh … il est encore vivant !

- Kodi, si son propre père n’essaye pas de le sauver, c’est… c’est qu’il n’y a plus rien à faire.

- Au diable Tarak, il n’a pas de cœur ! Il n’est même pas triste !

- Oh si, il est triste tu sais, seulement il ne le montre pas. Et tu peux me croire, il meurt d’envie de venir aider son fils, mais il sait qu’il ne le peut pas sans mettre toute sa meute en danger.

- Alors aide-moi, toi !

- Tarak me l’a interdit, d’ailleurs je ne devrais même pas avoir fait demi-tour pour venir te chercher, il va sûrement me punir sévèrement pour ça. Et de toutes façons cela ne servira à rien.

- Tu es d’accord avec lui ? Mais à nous deux pourras le porter !

- Kodi écoute-moi, cela serait sûrement possible en temps normal, mais on est tous les deux épuisés et sous-alimentés. Ne serait-ce que rattraper la meute sera à la limite de nos forces, et ont risque bien de ne pas réussir, et de mourir ! Alors avec lui…

- Tu ne crois pas ce que tu dis !

- C’est la vérité, si on essaye de la sauver la seule différence que cela ferra… c’est qu’il y aura trois morts au lieu d’un ! Aller laisse-le. Moi aussi je voudrais le sauver, mais on n’est pas dans le monde les hommes, on est dans la nature sauvage. Et on n’est pas en train de ramener du sérum pour des enfants malades, ou en train de sauver un pilote d’avion, on se bat pour reste en vie, pour sauver NOS vies. Telles sont les règles de la nature, elles sont cruelles, mais il faut faire avec.

- Papa !

Balto s’approcha, attrapa Werek avec la peau du cou, et il le tira sur le coté, me dégageant ainsi pour que je puisse me relever. Puis il me dit :

- Ce que je viens de faire me tourmentera jusqu'à la fin de mes jours, car je sais qu’en faisant cela j’ais, indirectement, tué Werek, mais c’est pour toi que je l’ais fait. Relève-toi maintenant, il faut rattraper les autres, chaque seconde qui passe pourrait nous coûter la vie.

Balto s’efforçait de rester stoïque, mais il était au bord des larmes, ça voix était à la limite des sanglots.

Je me mis à pleurer, mais, au bout d’un bon moment, je me releva quand même, j’avait finit par accepter que je ne pouvais pas sauver Werek.

Balto se mis en marche, je jeta un dernier regard sur le louvart : Il s’était endormit. A le voir comme ça, on aurait put croire qu’il allait juste faire un bon somme, puis se réveiller en pleine forme. Mais ce ne serait pas le cas, il ne se réveillerait jamais !

- Kodi ! Dit mon père qui avait déjà commencé à s’éloigner.

Alors je me mis moi aussi en route, et là, dés les premiers pas, la fatigue me fit comprendre - s’il en était encore besoin - qu’avoir voulu porter Werek était du suicide ! J’étais toujours en larmes, puis je me rendis compte que mon père pleurait lui aussi, et d’une certaine manière cela me rassura.

 

 

Balto ne s’était pas trompé, c’est de justesse que nous réussîmes à rejoindre la meute… au bout de trois jours ! Et ce uniquement parce que les loups avaient réussi à tuer l’élan qu’ils traquaient, ce qui fait donc qu’ils avaient cessé leur déplacement et étaient restés à proximité de la carcasse.

Carcasse sur laquelle moi et mon père nous nous jetâmes dés notre arrivé sur place, car nous étions squelettiques !

 

Puis, une fois le ventre plein, je me dirigea vers Tarak, j’étais toujours en colère contre lui.

- Tu as laissé ton fils crever ! Lui dis-je.

Le grand loup blanc se leva dignement, et il me fixa dans les yeux, avant de parler.

- Tu crois peut être que ça ne ma fait rien ? TU CROIS PEUT ÊTRE QUE ÇA NE ME REND PAS TRISTE ? QUI EST-TU POUR ME JUGER COMME ÇA !

Et pendant un instant Tarak sembla sur le point de se mettre à pleurer, mais il se ressaisit, avant de continuer, calmement cette fois.

- Je ne pouvais faire autrement ! Pour le sauver j’aurais dû ralentir la progression de la meute, mais alors on aurait pas put rattraper cet élan, ni aucunes autres proies en quantité suffisante, et à ce moment là ils seraient morts eux aussi ! Dit Tarak en désignant les autres louvarts et les jeunes loups, avant de continuer.

- J’adorais Werek, il ressemblait à Werak, mon père, et c’est pour cela que je lui avais donné un nom qui était proche du sien. Hélas, il n’a pas été assez fort, et je devais penser à la meute en premier. Maintenant tu sais quelle est notre vie, Kodi, et tu devras t’y faire, si tu ne veux pas finir comme lui !

Mais je n’étais pas encore convaincu, et je lui dis alors, toujours plein de colère :

- Vous êtes des bêtes sauvages !

- Comme si tu ne le savais pas encore, me rétorqua Tarak.

Puis il regarda vers le sol.

- Un jour, Terok prendra ma place. Il finira par devenir plus fort que moi, et il me battra, comme moi j’ais battu Galor autrefois. Puis plus tard, si je ne me fais pas tuer par les hommes, je finirais sûrement par subir le même sort que Werek. Un jour je n’aurais plus la force de suivre, et Terok devra me laisser derrière lui, pour sauver SA meute. Je le sais, je l’ais accepté.

Il releva brutalement la tête et me fixa du regard.

- Mais ce jour est encore loin, et pour l’instant c’est toujours moi le chef de la meute !

Puis il se tourna vers Balto.

- Je t’avais dis de ne pas faire demi-tour, tu m’as désobéit ! Et cela aurait put présenter un danger pour ma meute !

Je dus alors regarder mon père subir une sévère correction, et, bien qu’étant fous de rage, je ne broncha pas, Tarak m’aurait tué sinon.

 

Mais quand il eut finit, je ne put m’empêcher de me tourner vers Terok, qui avait observé tout cela, et je lui dis :

- Et toi, ça ne te fait rien que ton petit frère soit mort ?

Terok sembla double de volume, il se leva et se mis à marcher rapidement vers moi, crocs découverts ! Mais, heureusement pour moi, Galor s’interposa, et il lui dit :

- Terok, calme-toi ! Kodi ne sait pas ce qu’il dit. Laisse-le tranquille.

- Non, je veux le tuer ! Dit Terok.

- FAIT CE QUE JE TE DIS ! Cria Galor. Tu oublis qui je suis ?

Terok ne sembla pas vouloir céder, alors d’un coup Galor lui sauta dessus avec un cri sauvage. Bien que plus grand et plus fort, le grand loup gris n’esquissa même pas un geste de défense, il se laissa tomber sur le dos, exposant sa gorge et ses parties génitales à son agresseur en signe de soumission, tout comme moi je le faisais si souvent. Galor resta un instant sur lui, puis il s’écarta et l’autorisa à se relever. Mais Terok gardait la tête basse, il savait qu’il devait obéir au deuxième loup dans la hiérarchie.

- Pardon Galor, je m’excuse. Ce força-t-il à dire.

- Que cela ne se reproduise plus ! Dit le vieux loup sur un ton ferme.

Puis Terok s’en alla, toujours en colère, et ensuite Galor me dit sévèrement :

- Tu dois apprendre à te taire, petit !

- Mais…

- Terok était sur le point de t’égorger, encore une chose comme ça et tu ne feras pas long feu !

Puis il changea de ton.

- Je sais que c’est dur, Kodi, moi aussi je suis triste, moi aussi j’ais connu ça quand j’étais jeune. J’avais également essayé de sauver un loup alors que je ne le pouvais pas, je m’en souviens encore comme si c’était hier !

Ces paroles me calmèrent, mais je restais traumatisé par ce qui c’était passé.

 

Quelque temps plus tard, un autre loup subit le même sort que Werek. C’était une louve, plus âgée, une fille de Galor et Ika, les anciens chefs de la meute. Elle avait une vielle blessure, faite pendant une chasse, qui autrefois avait guéri mais qui s’était comme réveillée lors de cet hiver.

 

Cette fois je fis comme les autres, je la laissa partir, me contentant de cacher ma tristesse.

Quand, lors des déplacements de la meute, elle se retrouva à la traîne, derrière moi, je ne me retourna pas une seule fois pour voir si elle suivait toujours, cela aurait été inutile, et même cruel pour moi.

Et puis un jour, lors d’une halte, cette louve ne réapparut pas. Tout le monde savait pourquoi !

 

 

Maintenant je comprenais : les loups n’ont



Page Précédente 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 Page Suivante

Aller à la section de l'Auteur

Cette fanfic a été notée 13 ans et plus.


Commentaires

3973 visites

Signaler cette fanfic Signaler un problème sur cette fanfic

Derniers commentaires

04 Juillet 2016
France Fille
Vive Plagg !
Moi j'ai trouvé ta fic géniale. L'aventure la fin et tout. Mais juste un détail: les loups se reproduisent en hiver. Comment je sais ça, à force de documentaires, à part ça super fic. Une de mes préférés.

27 Novembre 2010
Ancien Modérateur France Garçon
Is that a piano ?
Indescriptible. Indescriptible. Bouche bée. Incroyable. Super génial euh mais euh ! C'est tout simplement : G E N I A L J'adore ton style ton imagination ! bien que j'ai été un peu surpris quand les loups s'accouplèrent mais bon ce n'est qu'un détail xD

Invité
Invité
31 Juillet 2010
mais comment tu fais pour me faire chialer à chaque fanfic alors que je depasse l'age indiqué?
j'en ai marre, marre, marre et triple marre!

14 Avril 2009
France Fille
Alors la ! chapeau ! j'ai lu toute l'histoire ( et aussi " le pire crime") J'adore !!! :icon40: quelle imagination c'est incroyable !!! je pourrais la relire des dizaines de fois ( même si elle est trééééés longue lol ) On s'y croirais vraiment :icon14:

Un grand bravo !!!




Non connecté : Pour pouvoir poster un message sur le site, vous devez être connecté.

Créez un compte!