succès. Je manquais de sommeil, et en plus la meute dormait de façon très irrégulière. C’était souvent très difficile de me réveiller quand le chef de meute en donnait l’ordre. Parfois je restais roulé en boule, marmonnant que je voulais encore dormir… jusqu’a ce que Tarak me fasse me lever à coup de crocs ! Les journées étaient alors très longues, et il fallait encore marcher, courir, attaquer, re-marcher, re-courir, re-attaquer, re-re-marcher, re-re-courir, re-re-attaquer…
Aussi, dés que je le pouvais, je m’affalais dans la neige et je dormais comme une masse. À tel point que je ne savais même plus si Tarak faisait encore ces fameux cauchemars, ou si lui aussi était trop épuisé pour cela.
Et je me rendis compte à quel point il est désagréable de dormir avec le ventre vide, même quand on a sommeil !
Maintenant je comprenais ce que m’avait dit Tarak. L’hiver était une terrible épreuve pour moi, et je commençais à me demander si je résisterai, si je ne risquais pas de mourir. Car la règle était claire, il fallait absolument que j’ais la force de suivre la meute, les autres ne m’attendraient pas, et si ce n’était pas le cas alors c’était la mort assurée.
Est-ce qu’il n’aurait pas mieux valu que je quitte la meute pour rejoindre Nome pendant qu’il en était encore temps ? Pendant que j’avais encore la force de le faire ? Mais ça voulait dire que mon père ne reviendrait pas avec moi !
Le reste de la meute semblait aussi souffrir de la faim. Tarak avait un peut de mal à faire respecter l’ordre lorsqu’un gibier était tué, et il devait jouer de la mâchoire plus souvent qu’auparavant.
Je me demandais si on n’allait pas finir par s’entre-dévorer ! Je me disais que dans ce cas là c’est sur le plus faible que les loups se jetteraient, et je savais que le plus faible de la meute c’était… moi. Parfois, quand on n’avait pas mangé depuis un bon moment, il me semblait que les loups me regardaient avec appétit ! Heureusement, cette crainte ne se vérifia pas.
- J’en ais marre ! Dis-je un jour à mon père.
- De quoi ! Me demanda Balto, en faisant semblant de ne pas comprendre.
- De cette vie de fou ! De cette fatigue, de cette faim qui me tourmente en permanence. Comment les loups font-ils pour supporter ça chaque année ?
- On est pourtant qu’a la moitié de l’hiver !
- Et il y a Tarak aussi, c’est un tyran !
- Comme je te l’avais dit, c’est une meute de loups et pas un attelage de chien. Tu as vu comme les loups ont un caractère rude ?
- Oh oui, de vraies brutes, même les femelles, même Nitti !
- Et bien, pour les commander, et faire régner l’ordre, il faut que le mâle dominant soit sévère et sans pitié, sinon il ne pourra pas se faire respecter et la meute ne sera pas viable. Tarak fait ce qu’il doit faire en tant que chef de meute, ni plus, ni moins, et il ne peut pas faire d’exception pour toi. Crois-moi, avec tout ce qu’il a vécu, tout ce qu’il a subit, toutes les souffrances qu’il a enduré, il aurait put devenir bien pire. Souvient toi de Nirgal, ou de Sterk.
Ce dernier nom me donna des frissons, il est vrai que Tarak n’était pas aussi cruel, et sûrement pas mauvais comme lui. Néanmoins, j’avais toujours du mal à accepter une telle sévérité, et je continua de me plaindre.
- Je sais, mais quand même… je suis couvert de cicatrices de morsures à cause de lui.
- De simples égratignures pour la plupart, elles disparaîtront vite.
- Oui, mais ça fait mal, et puis le principe même de morde comme ça pour un rien…
- Tu n’as qu’à rentrer à Nome si c’est trop dur ! Je ne te retiens pas, et puis ta mère et tes compagnons d’attelage doivent d’attendre !
- Et revenir sans toi ! Il n’en est absolument pas question, j’ais promis que je te ramènerais, et je le ferais !
- Alors il faudra que tu affrontes le reste de l’hiver, le pire est encore à venir, et tu n’es même pas sûr que cela réussira à me faire rentrer.
J’étais en colère, je savais que mon père jouait là dessus. Plus tard, je compris que Balto faisait ça pour mon bien, car il voyait que je soufrais, et surtout que je risquais de mourir par sa faute ! Alors, il voulait faire cesser ça en m’obligeant à partir, en me décourageant, étant donné que pour lui son retour à Nome n’était pas envisageable.
Mais sur le moment je pensa que mon père ne voulait plus de moi.
« Il n’a qu’à rester avec ses satanés loups, et même crever avec eux » me dis-je alors ! Mais à peine ai-je pensé cela que je me rendis compte combien c’était grave. Cela m’inquiéta au plus au point : si je commençais à avoir à de telles idées je pouvais dire adieu à mes espoirs de faire revenir mon père !
Alors je me disais que non, je ne laisserais pas Balto gagner, je ne voulais pas l’abandonner. Je voulais m’accrocher, je voulais tenir, lui montrer de quoi j’étais capable pour le ramener à Nome… mais c’était tellement dur !
Il se produisit un incident qui me fit comprendre plus qu’autre chose ce qu’était la vie des loups sauvages.
Bientôt ce ne fut plus moi qui étais le plus faible de la meute, mais Werek.
C’était un des jeunes nés cette année, un louvart donc, mais il était déjà plus grand et plus lourd que moi, et il semblait plus résistant, du moins jusqu’au moment où les choses commencèrent à aller mal pour lui.
Quand la meute se déplaçait, c’était toujours moi qui étais en dernier. Pour tout dire, je me traînais, j’arrivais tout juste à tenir le rythme, et j’étais souvent loin derrière le dernier loup.
Aussi, quelle ne fut pas ma surprise quand, à un moment, je remarqua que Werek me précédait de peut, et que - dans les jours suivant - il avait de plus en plus de mal à suivre la meute lui aussi. Pour finir c’est lui qui se mis à fermer la marche derrière moi, et chaque jour il se tenait un peut plus loin.
Je compris que quelque chose n’allait pas, et que si on ne l’aidait pas il ne pourrait pas suivre la meute, et allait alors mourir de faim.
J’en parla à Tarak. J’avais très peur du grand loup blanc, mais la pitié que j’éprouvais pour Werek finit par me donner le courage de lui parler.
- Tarak… je… je voudrais te parler.
- Oui.
J’étais mort de trouille.
- Voilà… euh… je crois que… que Werek a… enfin il est…
- Il est malade. Répondit froidement le chef de meute.
- Ah ! et… il faut l’aider, sinon il va…
- Non ! Coupa Tarak
- Quoi, mais il le faut !
- Rien ni personne ne peut l’aider… il… il doit trouver la force de survivre tout seul !
- Mais il va mourir !
- Je le sais que trop bien, ce ne serra pas la première fois que ça arrive chez les loups, et sûrement pas la dernière.
- Mais… comment peut-tu dire ça ! C’est ton fils ! Tu ne peux pas le laisser mourir comme ça !
- Cette discussion est terminée Kodi, oubli ça ! Et oubli Werek aussi, pour moi il est déjà mort !
- QUOI ! NON MAIS TU ES…
Je ne termina pas ma phrase, car Tarak me sauta dessus et m’enfonça ses crocs dans le cou. J’éructa sous la douleur, puis j’hurla. Le chef de meute me lâcha et me fit tomber dans la neige, puis il me parla sur un ton sévère.
- Quand je te donne un ordre tu obéis ! Cette discussion est terminée ! Encore un chose comme ça et je te tue !
Puis le loup blanc s’en allant, me laissant en état de choc. Ça me semblait incroyable que Tarak puisse abandonner Werek comme ça !
Plus tard dans la journée, la meute se mis en route, sur les traces d’un élan.
Werek, bien évidemment, était à la traîne. Je me retournais souvent pour le voir, il peinait beaucoup.
Pendant qu’on traversait une vaste plaine sans arbres je repensais à ce que Tarak m’avait dit, et je me disais qu’il avait vraiment un cœur de pierre !
Perdu dans mes pensés, je finis par me rendre compte que ça faisait un moment que je n’avais pas jeté un coup d’œil en arrière, ce que je fit tout de suite.
Werek n’était plus en vue ! Et pourtant le terrain était dégagé sur une bonne distance.
Je stoppa net, et compris alors que la situation était grave. Je me retourna vers la meute et cria :
- TARAK ! WEREK A UN PROBLÈME.
Le grand loup blanc, qui était à peine visible, s’arrêta un instant. Je me mis alors à espérer, mais au bout de quelques instant Tarak repris sa route, comme si de rien n’était !
- TARAAAAAAAK !
Mais rein à faire, les loups continuaient.
- Allez au diable !
J’appela alors Balto, ce dernier sembla sur le point de me rejoindre, mais à ce moment là Tarak se retourna et l’invectiva. Tous deux semblèrent discuter férocement, puis Balto baissa la tête et repris sa route avec le reste de la meute.
Je n’en revenais pas, le chef de la meute interdisait à mon père de venir en aide à Werek, il avait sûrement dû le menacer, peut être même de mort !
J’en fus dégoutté, et décida d’aller aider Werek tout seul.
Alors je repartis en arrière. J’arriva en lisière de la plaine et pénétra dans la forêt qu’on venait de quitter, puis je le retrouva.
Le louvart était couché sur le chemin qu’avait emprunté la meute, et d’une manière indiquant qu’il était tombé de fatigue.
- Werek ! C’est moi.
- Kodi ! Répondit-il d’une voix faible.
- Ne t’inquiète pas, je suis là.
- Je veux dormir… j’ais sommeil… je suis fatigué.
- Non ! Ne t’endors pas, sinon tu vas mourir ! Ecoute, je vais t’aider. Aller relève-toi, je vais te soutenir pour marcher.
Avec mon aide, Werek parvint à se relever, puis à reprendre la marche. Mais pour ça il devait s’appuyer lourdement sur moi.
Je me rendis alors compte que je ne pourrais pas tenir longtemps comme ça, J’étais fatigué, j’avais déjà du mal à tenir tout seul sur mes pattes, et Werek était plus lourd que moi. Certes, je ne devais porter qu’une partie de son poids, mais c’était déjà trop.
Au bout de quelques mètres je trébucha sur une pierre cachée sous la neige, et je me retrouva au sol, avec Werek sur
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| 04 Juillet 2016 | ||
| ||
| Vive Plagg ! |
Moi j'ai trouvé ta fic géniale. L'aventure la fin et tout. Mais juste
un détail: les loups se reproduisent en hiver. Comment je sais ça, à
force de documentaires, à part ça super fic. Une de mes préférés. |
| 27 Novembre 2010 | ||
Ancien Modérateur | ||
| Is that a piano ? |
Indescriptible. Indescriptible. Bouche bée. Incroyable. Super génial
euh mais euh ! C'est tout simplement : G E N I A L J'adore ton style
ton imagination ! bien que j'ai été un peu surpris quand les loups
s'accouplèrent mais bon ce n'est qu'un détail xD |
![]() | 31 Juillet 2010 | |
mais comment tu fais pour me faire chialer à chaque fanfic alors que
je depasse l'age indiqué? j'en ai marre, marre, marre et triple marre! |