tempête, et mon père qui le retrouve et le ramène à Nome.

Bien entendu, depuis toujours j’étais très fier de ce que Balto avait fait, aussi j’entra dans une colère noire quand Terok dit :

- Sauver la vie d’êtres humains ! Et ben, c’est ça que tu appel être un héros ? Ce jour là il aurait dû rester couché, et les laisser crever tous ces sales petits hommes !

Je crus que mon cœur allait exploser.

- QUOI ! RÉPÈTE-MOI ÇA ! Criai-je

- C’était des hommes, des tueurs ! Me répondit Terok. À ton avis, parmi tous ces enfants, combien vont devenir des chasseurs et vont aller massacrer des loups ?

J’étais sur le point de lui sauter dessus, quand Tarak dit sur un ton très ferme :

- Calmez-vous tous les deux ! Je préviens que s’il y a bagarre ça ira très mal pour vous. Je suis en train de raconter le drame de ma vie, et au lieu d’écouter et de réfléchir à cela, vous ne penser qu’a vous disputez !

Terok et moi nous nous calmèrent. Tarak attendis un petit moment, pour que je sois à nouveau bien réceptif à ce qu’il disait, puis il continua son récit.

 

Il raconta sa captivité chez les hommes. Il fut exposé comme un objet dans une cage minuscule, puis les hommes se mirent à le torturer, et ils y prenaient du plaisir. Ensuite ils l’avaient obligé à s’accoupler avec une louve, Alina, qu’ils lui avaient apporté. Et dés que cela fut fait, ils les séparèrent sans ménagement, et Tarak fut tabassé à mort pour s’y être opposé.

Puis ce fut son évasion, et ça difficile réadaptation à la vie sauvage qui avait bien failli lui coûter la vie.

 

Ensuite ce fut peut être une des pires épreuves, il découvrit que dans ces terres au sud, les hommes avaient exterminé les loups, il n’en rencontrait plus que quelque survivant.

J’avais du mal à croire cela, je savais que les hommes détestent les loups, et cela me désolait. Mais je ne pouvais pas m’imaginer qu’ils puissent détruire une espèce entière comme ça, et je le dis à Tarak.

- Tu ne me crois pas ! Me répondit-il sèchement.

- Euh… enfin, c’est que je connais bien les hommes, puisque je vis avec eux, et ce que tu décris ne correspond pas à ce que je sais d’eux.

- Et bien il faut croire que tu ne connais qu’une partie d’eux ! Moi j’ais connu l’autre partie, celle que les chiens comme toi ignorent visiblement, mais je sais ce que j’ais vu. Il n’y a plus de loups là bas, les hommes les ont tous massacrés !

- Tu as dit qu’il y avait encore des survivants ?

- Non ! Les animaux que j’ais croisé n’était plus des loups, c’était devenu des loques. Un vrai loup ne perdra jamais espoir, il se battra jusqu’au bout pour préserver ça race. Ceux que j’ais vu dans le Sud avaient cessé de se battre, ils avaient perdu tous espoir, en ayant compris que notre espèce n’avait plus d’avenir là-bas. Les hommes ont détruit leurs âmes, avant de détruire leurs corps !

Un seul d’entre eux est redevenu un vrai loup pendant un moment, en m’aidant à continuer mon voyage.

- Euh… oui, mais tous les hommes ne sont pas comme ça, le père de Rosy par exemple, et le conducteur de mon attelage postal, qui est aussi le père de mon jeune maître d’ailleurs. Ils sont très gentils.

- Très gentils ? Dit Tarak. Et si un de ses deux hommes si gentils se retrouve en face de moi, un fusil dans les mains, quel serait son premier réflexe à ton avis ?

Je ne répondis pas, et je baissa la tête. Avec toutes les histoires sur les loups que racontent les hommes, je savais que, dans pareille situation, ceux que je venais de citer auraient tué Tarak - ou n’importe quel autre loup - sans la moindre hésitation !

- C’est bien ce que je disais ! Dit Tarak.

Puis il reprit la fin de son histoire : Le terrible voyage de retour, ou Tarak avait dû lutter contre une multitude d’obstacles avant de rentrer chez lui.

- Watan, raconte-lui dans quel état j’étais quand je suis arrivé ici.

La louve se tourna vers moi et me dit d’un air triste :

- Il était dans un état tellement pitoyable… il n’avait plus que la peau sur les os, il était malade, couvert de blessures, crasseux, infesté de vermine… j’ais bien cru qu’il allait mourir, et j’en ais pleuré… c’était horrible à voir !

 

Puis ce fut un silence de mort, personne ne parlait.

Je me demandais comme Tarak avait put supporter tous cela. Moi j’avais été maltraité pendant une demi-journée par Calder, et j’avais trouvé cela horrible. Alors que Tarak avait été torturé pendant plus d’un an ! Et il n’y avait pas que cela.

J’avais du mal à croire qu’un être vivant puisse supporter autant de souffrances, mais pourtant c’était le cas. Et cela l’avait rendu tellement dur…

Et ce n’était pas étonnant qu’il fasse de tels cauchemars !

 

Puis Tarak brisa le silence, et il me demanda :

- Tu as compris tout cela ?

- Oui, j’ais compris, je sais ce que tu as vécu.

- NON ! Tu ne sais rien ! Tu as juste entendu des mots ! Tout ça moi je l’ais vécu, j’en suis encore marqué comme au premier jour ! Tu n’as pas vu de tes yeux les têtes de ton père, de tes frères et de tes sœurs, êtres transpercés par les balles ! Tu ne t’es pas senti coupable d’avoir commis des fautes qui ont coûté la vie à ta mère ! Tu n’as pas entendu les cris de ton petit frère qui te suppliait de l’attendre alors que tu l’abandonnais ! Tu n’as pas ressenti sur ton corps cette douleur atroce quand les hommes te torturaient ! Tu ne les as pas entendus rire et crier de joie alors que tu souffrais énormément, ou que ta famille se faisait massacrer ! Tu n’as pas ressentit cet horrible sentiment d’impuissance quand tu as vu Alina partir sans pouvoir rien faire contre ! Tu ne t’es pas retrouvé devant un tas des squelettes de loups, si nombreux qu’on aurait put recouvrir la clairière où nous nous trouvons avec leur os ! Tu n’as pas vu ce désespoir sans fond dans les yeux des loups survivant que tu croisais ! Et bien d’autre chose encore !

Tarak se calma un peut, avant de continuer.

- Je hais les hommes ! Je hais les chiens ! Si tu es en vie c’est uniquement parce que j’ais reconnu en toi l’odeur de mon demi-frère Balto, sans quoi on t’aurait dévoré vivant ! Mais crois-moi, si tu nous pose problème je n’hésiterais pas à te tuer ! Maintenant tu SAIS qui je suis, et tu SAIS le risque que tu prends à rester prés de moi !

Fait ce que je te dis et tu n’auras rien à craindre de moi, apporte des ennuis à ma meute…

- Et c’est moi qui aurais des ennuis. Répondis-je naïvement.

- Non ! Tu auras LE dernier ennui de ta vie ! J’ais déjà tué des chiens comme toi tu sais. Je les ais égorgé ou étripé, puis je les ais regardé rendre l’âme, et ça ne me gênerait pas de recommencer ! Tous les membres de ma meute ont vu mourir, au moins une fois, des loups qui leurs était chers, alors tu n’as aucune pitié à attendre de nous ! Et ça vaut aussi pour ton père.

Ce qu’il venait de dire m’avait sidéré, et il me fallut quelques instant pour comprendre ses derniers mots.

- Tu serais prêt à tuer Balto ? Tu tuerais ton propre frère ? Demandai-je, abasourdis.

- Pour le bien de ma meute, je suis prêt à faire n’importe quoi, même à sacrifier ma propre vie. La seule chose que je ne ferais pas c’est tuer un homme, car une telle chose ne ferait qu’apporter le malheur à notre espèce.

 

Tarak marqua une pose, puis il me dit pour terminer :

- Méfies-toi de moi, Kodi, méfies-toi de moi !

 

Sur ce, Tarak repartit ce coucher, sans même attendre une éventuelle réponse de ma part.

Mais qu’est-ce que j’aurais pu répondre ? Rien ! Absolument rien !

 

- Tu as bien tout entendu ? Me demanda Terok.

- Oui.

- Tu as peur de lui ?

- Non ! Répondis-je en mentant.

- Tu devrais pourtant, il sera sans pitié envers toi.

- Je ne suis pas peureux !

- Je l’espère pour toi, car dans les mois qui viennent du courage tu vas en avoir besoin !

 

 

Chapitre 4

La saison de la faim.

 

L’hiver fut là.

Je pus alors me rendre compte à quel point cette saison est dévastatrice. Le temps où je mangeais tous les deux ou trois jours semblait loin, je pouvais m’estimer heureux si je mangeais une fois par semaine !

Entre les rares moments où la meute tuait une grande proie, et où je pouvais m’empiffrer, je sentais mon estomac vide, vide, vide, et encore vide… La nourriture était devenue une obsession. Je ne pensais qu’à ça, trouver à manger. Je passais tout mon temps à ça, trouver à manger. Je ne réfléchissais que pour ça, trouver à manger.

Trouver à manger, trouver à manger, trouver à manger, trouver à manger !

Dire qu’avant je s’estimais mort de faim au bout de trois jours sans nourriture ! Je me souvenais de la carcasse d’élan en décomposition d’il y a quelques semaines, cela m’avait écœuré à l’époque, mais maintenant rien que le fait de pense à cette odeur de charogne me faisait saliver ! Et si on m’avais donné la même à ce moment là je n’aurais pas hésité une seule seconde, au diable l’odeur et les asticots !

 

Et je ressentais les effets du manque de nourriture. Ma force et mon endurance diminuèrent, je sentais mon corps être faible, j’avais tout le temps l’impression d’être fatigué, même après avoir dormis.

Mais malgré cette fatigue je devais courir et me battre de toutes mes forces lors de la chasse.

 

Et puis il me sembla que le froid était comme plus fort que les autres hivers, je me mis à grelotter pour la première fois de ma vie ! Pourtant, rien n’indiquait que les températures étaient plus basses. C’était tout simplement mon corps qui avait plus de mal à luter contre le froid, du fait du manque de nourriture.

 

Je dormais peut aussi, la meute devait faire de long déplacement, et il fallait faire de nombreuses attaques sur les proies, dont très peut étaient couronnées de succès. Je manquais



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Commentaires

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Derniers commentaires

04 Juillet 2016
France Fille
Vive Plagg !
Moi j'ai trouvé ta fic géniale. L'aventure la fin et tout. Mais juste un détail: les loups se reproduisent en hiver. Comment je sais ça, à force de documentaires, à part ça super fic. Une de mes préférés.

27 Novembre 2010
Ancien Modérateur France Garçon
Is that a piano ?
Indescriptible. Indescriptible. Bouche bée. Incroyable. Super génial euh mais euh ! C'est tout simplement : G E N I A L J'adore ton style ton imagination ! bien que j'ai été un peu surpris quand les loups s'accouplèrent mais bon ce n'est qu'un détail xD

Invité
Invité
31 Juillet 2010
mais comment tu fais pour me faire chialer à chaque fanfic alors que je depasse l'age indiqué?
j'en ai marre, marre, marre et triple marre!

14 Avril 2009
France Fille
Alors la ! chapeau ! j'ai lu toute l'histoire ( et aussi " le pire crime") J'adore !!! :icon40: quelle imagination c'est incroyable !!! je pourrais la relire des dizaines de fois ( même si elle est trééééés longue lol ) On s'y croirais vraiment :icon14:

Un grand bravo !!!




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