couler dans ma bouche. Mais je le lâcha, et un loup donna un coup de mâchoire juste à coté.

Je reçus alors plein de sang sur ma figure, l’odeur décupla ma fureur et je repartis à l’attaque. Mais le caribou parvint à me décocher un coup de sabot, je roulas au sol en criant, puis je me releva. J’avais mal à l’épaule, néanmoins je repartis à l’assaut, et me retrouva au coté de Terok et Tarak.

Les deux gros mâles, plus lents, n’avaient pas encore atteint la proie. En fait, les loups les plus rapides et les plus agiles l’attaquaient les premiers, pour la ralentir et l’affaiblir, et permettre ainsi aux individus les plus puissants de l’achever.

Je fus le premier des trois à rattraper le caribou, puis les deux autres firent de même, et là leur formidable force physique, ainsi que leurs poids, firent la différence. Ils attaquèrent la gorge, et la déchiquetèrent. Le caribou ralentit sa course et essaya de se débattre, puis il fut mis à terre.

Alors tous les loups se jetèrent sur lui. Il se débattait, il essayait de se relever, mais les loups le mettaient en pièce.

Je me mêla à eux, j’étais comme enragé, je mordais, je tirais, je déchiquetais et j’arrachais tous ce que je pouvais, mes muscles étaient employé au maximum de leurs forces, et le sang dégoulinait sur moi.

Soudain, je reçus un violent choc sur mon crâne, et je sentis ensuite mon propre sang couler. Un coup de sabot venait de m’effleurer, mais ça ne me calma pas, je me jeta à nouveau sur la proie.

Et bientôt je perçut son agonie, je sentais que la vie la quittait un peut plus à chaque coup de mâchoire. C’était tellement excitant, le plaisir était tellement intense.

 

Et enfin je sentis la mort faire son œuvre, le caribou rendit son dernier souffle.

 

D’un coup, Tarak sembla devenir comme fou, il chassa brutalement tous les loups, les repoussant à quelques mètres de la carcasse. Il était terrifiant, avec ses crocs découverts, ses poils hérissés, ses oreilles basses, et ce regard terrible. Mais surtout il n’était plus blanc, mais rouge, à cause du sang. On aurait dit un démon tout droit sortit des enfers ! J’en fus tellement effrayé que je faillis partir en courant pour ne jamais revenir !

Maintenant que la proie était tuée le partage devait se faire selon les règles : les chefs de meute d’abord, les autres ensuite, Balto et moi en dernier.

Je dus ainsi attendre que tous les loups aient finit de se servir, et c’était dur de regarder les autres se goinfrer alors que mon estomac réclamait de la nourriture à corps et à cris, j’en bavais.

Enfin, le dernier loup avait finit, et Balto et Nitti commencèrent leur repas. Je m’approcha pour me servir moi aussi, mais mon père me montra les dents et grogna, puis il fit claquer ses mâchoires dans le vide, me donnant l’ordre d’attendre encore. J’étais stupéfait, Balto semblait tellement pris dans les règles de la meute que c’est comme s’il en oubliait que j’étais son fils ! En fait, il était obligé de respecter - et de faire respecter - la hiérarchie de la meute, sans quoi il risquait de se faire punir.

Quand mon père eu finit, et s’en alla, je fis comme les autres l’avaient fait avant moi : Je me jeta sur la carcasse et m’empiffra aussi vite que je le pouvais, j’arrachais de gros morceaux de viande et les avalais d’en coup, prenant à peine le temps de respirer entre deux bouchées, et ce jusqu'à ce que mon estomac soit plein à craquer. Je n’avais jamais avalé autant de nourriture en un seul repas, quel festin !

Le ventre lourd, très lourd même, je rejoignis les autres, qui s’étaient couché à un peut à l’écart. Là, je me laissa lourdement tomber dans l’herbe et je me détendis complètement. J’étais épuisé, vidé, j’avais mal à tous les muscles, cette chasse avait été un effort incroyablement violent. Je m’endormis tout de suite.

 

 

Pendant cet automne, je vécus ainsi au sein de la meute.

Les autres loups ne m’aimaient pas, et ils me le faisaient sentir ! J’étais leurs souffre-douleur. Quand la chasse était infructueuse, ils se défoulaient sur moi. Quand l’un d’eux se faisait rosser par Tarak, il se vengeait sur moi. Ou pour n’importe quoi d’autre, ils s’en prenaient à moi. Par contre, je remarqua que les nombreuses traces de morsures avaient disparu sur le corps de Nitti, on ne la mordait plus. Normal, puisque c’est moi qui prenais les coups à sa place !

Balto ne voulait toujours pas revenir à Nome, et il était froid, et parfois même agressif envers moi. Je ne le reconnaissais plus, il avait tellement changé depuis la mort de Calder. Mais je ne voulais pas l’abandonner.

Je repensais à ceux que j’avais laissés à Nome, à mon travail, à mon maître. Il fallait que je rentre chez moi. Mais comme pourrais-je continuer à travailler, ou même à vivre à Nome, en sachant que j’aurais laissé tombé mon père alors qu’il avait besoin de moi pour revenir. C’était hors de question ! Et c’est pour cela que je resta dans cette meute aussi longtemps.

 

 

Rapidement, je remarqua que Tarak semblait avoir un problème. En effet, très souvent, il semblait faire d’horribles cauchemars. Je l’entendais fréquemment gémir ou pleurer quand il dormait, parfois il criait comme un fou et se réveillait en sursaut, haletant.

Je n’osa pas lui demander pourquoi, mais il semblait évident que son passé avait été très très difficile, plus que pour mon père, qui n’avait jamais été autant tourmenté, sauf quand il était tombé gravement malade.

 

Mais un jour, alors que Tarak était en train de gémir et de se tordre dans tous les sens dans son sommeil, comme s’il souffrait et se débattait, Terok se leva et vint me voir, puis il me dit avec dégoût :

- Regarde mon père, regarde ce que tes satanés hommes lui on fait ! Des choses que tu ne peux même pas imaginer, et ils ont bien faillit le tuer, ces hommes que tu aimes tant ! Regarde comme il a souffert, et comme il souffre encore aujourd’hui ! Regarde !

Puis il repartit se coucher, me laissant ronger par le doute : C’était donc les hommes qui lui avaient fait je ne sais quoi qui avait laissé de telles séquelles ?

Le lendemain je posa la question à Galor.

- Les hommes ont tué sa mère, répondit-il.

- Ça je le sais, mon père m’a tout raconté.

- Mais tu ne sais pas tout, les hommes on également massacré son père, ses frères et ses sœurs, devant lui ! Puis ils l’ont capturé, ils l’ont emmené loin d’ici et ils l’ont enfermé dans une cage, et après il l’on fait souffrir autant que cela doit être possible de le faire.

- Que lui ont-ils fait ?

- Je crois qu’il n’y a que lui qui puisse raconter cela.

- Et ensuite, il a réussi à s’échapper, puisqu’il est ici !

- Oui, mais quand je le vois faire de tels cauchemars, je me dis qu’il ne s’est jamais totalement évadé en fait, et qu’un peut de lui est resté prisonnier des hommes, à tout jamais !

Galor ne m’en dit pas plus, mais c’est bientôt Tarak lui-même qui allait tout me dire.

 

Ce jour là, le grand loup blanc faisait un cauchemar, comme d’habitude pourrais-je dire. Je l’entendais prononcer des noms tel que Werak, Serna, Wort, Relan ou Skern.

Puis il se réveilla en sursaut, il sembla s’apaiser en ce rendant compte qu’il avait rêvé. Ensuite son regard tomba sur moi, et alors… Il entra comme dans une rage folle, se levant d’un bond et fonçant vers moi, crocs en avant !

J’eus tout juste le temps de partir en courant. J’avais la mort aux trousses, ou du moins c’est-ce que je pensais ! Mais Tarak finit par me rattraper. Un coup de crocs dans ma cuisse me fit tomber et rouler sur le sol. Puis je me retrouva sur le dos, entre les pattes de Tarak, lequel avait ses crocs découvertes tout contre ma gorge !

Je crus vraiment qu’il allait me tuer, j’étais mort de peur.

 

Mais il se calma, releva sa tête, et resta debout quelques instant au-dessus de moi. Pendant ce temps, les autres loups, ainsi que mon père, arrivèrent et se mirent en cercle autours de nous deux.

Je lui demanda alors pourquoi il avait fait ça ?

- Tu ressemble beaucoup à un des chiens qui était présent lorsque les hommes ont tué mon père et mes frères et sœurs. J’ais rêvé de cet événement tout à l’heure, et quand je me suis réveillé et que je t’ais vu, j’ais cru revoir ce chien. Je me souviens encore comment il avait l’air content de voir des loups mourir !

- C’est pour cela que tu m’as attaqué ?

- Oui, j’ais eu envie de "le" tuer, mais je me suis rendu compte que ce n’était que toi.

- Encore heureux !

Cette remarque l’irrita.

- Sais-tu au moins ce que j’ais vécu ?

- Galor m’en a dit une partie, répondis-je.

- Et bien maintenant tu vas savoir le reste !

 

Tarak partit alors se coucher à quelque mètre de là, le reste de la meute fit de même, comme si tous savaient que ce serait une longue histoire. Alors moi aussi je m’installa confortablement.

Tarak raconta son passé, comme sa famille fut anéantit par les hommes, c’était tellement triste ! Puis ce fut la mort de Kitok et d’Aniu. Ça me toucha profondément, car c’était ma grand-mère et mon grand-père.

- J’ais détesté Kitok, il a osé s’accoupler avec ma mère ! dit-il.

- Ils s’aimaient tous les deux pourtant, répondis-je.

- Oui, je ne pouvais rien faire contre ça, j’étais si jeune !

- Et puis s’il ne l’avait pas fait, mon père ne serait pas né et il n’aurait pas put sauver les enfants de Nome.

- Comment cela ? Demanda Tarak.

- Ah oui, vous ne savez pas que mon père est un héros !

Et je leurs expliqua tout, l’épidémie, les enfants malades, le médicament qui doit faire le voyage.

- C’est quoi un médicament ? Demanda un des loups.

Je fus un peut perturbé, ils ignorent ce qu’est un médicament ?! Puis je me rappela que c’était des animaux sauvages, il y des tas de chose qu’ils ne connaissent pas.

Je leurs expliqua ce que c’était, puis je repris le cours de l’histoire, le traîneau qui se perd dans la tempête, et mon



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Commentaires

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Derniers commentaires

04 Juillet 2016
France Fille
Vive Plagg !
Moi j'ai trouvé ta fic géniale. L'aventure la fin et tout. Mais juste un détail: les loups se reproduisent en hiver. Comment je sais ça, à force de documentaires, à part ça super fic. Une de mes préférés.

27 Novembre 2010
Ancien Modérateur France Garçon
Is that a piano ?
Indescriptible. Indescriptible. Bouche bée. Incroyable. Super génial euh mais euh ! C'est tout simplement : G E N I A L J'adore ton style ton imagination ! bien que j'ai été un peu surpris quand les loups s'accouplèrent mais bon ce n'est qu'un détail xD

Invité
Invité
31 Juillet 2010
mais comment tu fais pour me faire chialer à chaque fanfic alors que je depasse l'age indiqué?
j'en ai marre, marre, marre et triple marre!

14 Avril 2009
France Fille
Alors la ! chapeau ! j'ai lu toute l'histoire ( et aussi " le pire crime") J'adore !!! :icon40: quelle imagination c'est incroyable !!! je pourrais la relire des dizaines de fois ( même si elle est trééééés longue lol ) On s'y croirais vraiment :icon14:

Un grand bravo !!!




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