donna une réponse évasive :

- Peut importe que ce soit réellement moi que tu ais vu à ces moments là. Ce qui compte, c’est que cela t’a donné la force de survivre ou de sauver ceux que tu aimais.

Mais par contre, là c’est vraiment moi qui te parle : Je pense que tu dois retourner chez toi, dans cette ville que tu appelle "Nome", car c’est là que se trouve ta vraie vie, et surtout celle de ton fils, même si c’est au coté de ces hommes que je déteste tant. Comme "je" te l’avais dis autrefois, tu dois faire face au lieu de t’enfuir comme tu l’as fait, tu dois te battre, encore, et encore, et encore… tant qu’il te restera de la force, aussi peut soit-il.

Je te dis adieu petit frère, car maintenant vous devez partir.

- Maintenant ? Demanda Balto.

- Demain en fait, j’ais déjà tout préparé, Terok et Nitti vous accompagneront, ce sont eux qui chasseront pour vous nourrir, vu que vous n’êtes pas trop en état de le faire, surtout Kodi.

- Pourquoi eux deux ? Demandai-je.

- Terok veut être chef de meute. Pendant le temps que durera votre voyage il apprendra son métier de leader, et il s’assurera que vous ne faite pas demi-tour. Nitti l’aidera à la chasse, car elle est plus rapide et plus agile… et elle s’assurera également que vous arriverez vivant chez vous, car je sais ce que Terok rêve de faire s’il reste seul avec vous, il considère toujours que vous êtes responsable de la mort de cinq des nôtres !

- Je suis donc obligé de partir ? Demanda mon père.

- Oui, ça vaut mieux pour toi, pour ton fils, et pour nous.

 

Ce soir là, moi et mon père nous eûmes du mal à dormir, car nous savions que se serait la dernière fois que nous passions une nuit avec la meute. Malgré tout ce qu’ils m’ont fait subir, malgré le fait que certains d’entre eux me détestaient toujours, j’étais triste de devoir les quitter, de ne plus chasser avec eux, de ne plus entendre leurs hurlements de prés. Et j’aurais tellement aimé voir les louveteaux grandir !

Mais le sommeil finit par prendre le dessus, et une surprise nous attendait au réveil.

 

- Aller debout ! Dit la voix de Terok. Nous avons un voyage à faire !

Il était déjà tard, les loups nous avaient laissé beaucoup dormir. Puis moi et Balto nous nous rendîmes compte qu’il n’y avait plus que Nitti et le grand loup gris avec nous.

- Où sont les autres ? Demanda mon père.

- Partis, dés que vous vous êtes endormis en fait, ils sont déjà loin d’ici. Répondit Terok.

- Sans dire au revoir ! Dis-je.

- Et puis quoi encore, vous ne nous avez apportés que des problèmes ! Dit Terok pour toute réponse.

Puis lui et Nitti commencèrent à partir dans la direction où se trouvais Nome (Balto le leur avait indiqué le jour d’avant)

Tous deux nous étions choquées d’un tel manque de politesse, mais les loups ne font jamais rien d’inutile, et nous faire des adieux était inutile, pour eux en tous cas.

Alors nous fûmes obligés de faire sans, et nous suivirent Nitti et le chef de notre meute provisoire.

 

Le voyage de retour fut un calvaire, mes blessures me faisaient horriblement souffrir, mais malgré ça je devais continuer à marcher.

Balto avait aussi du mal à avancer - à cause de sa blessure par balle à la patte - mais pas autant que moi.

Moi et mon père nous marchions en direction de Nome, pendant que Nitti et Terok chassaient. Puis ensuite ils nous rattrapaient, et ils nous nourrissaient quand nous nous arrêtions pour nous reposer ou pour dormir.

Terok était infernal avec nous deux. Il nous obligeait très fréquemment à nous soumettre à lui, il nous humiliait. Quand lui et Nitti nous rapportaient leurs proies, nous devions longtemps le supplier pour obtenir le droit de manger. Souvent, il laissait volontairement de la nourriture à l’abandon, sans surveillance, alors qu’il ne nous avait pas encore donné l’autorisation de nous nous nourrir. C’était un piège, il faisait ça pour nous tenter, pour pouvoir ensuite prendre le plaisir nous punir, surtout moi. Et comme nous étions affamé le plus souvent, on se faisait avoir.

 

Le voyage dura plusieurs jours, je ne m’étais pas rendu compte à quel point nous étions loin de chez nous.

Tarak ne c’était pas trompé, je n’aurais pas survécu longtemps si j’étais resté dans la meute. Je sentait mes forces décroître et je commençais à avoir de la fièvre : mes blessures devaient s’infecter ! Heureusement que bientôt nous arrivâmes à destination.

À un moment Terok stoppa sans raison apparente. Mon père lui demanda pourquoi ?

- Les hommes, et leur ville, je commence à sentir leurs odeurs. Je ne peux pas aller plus loin.

Il était temps de nous séparer !

- Bien, dit Balto.

- Mon père m’a demandé de vous transmettre quelque chose à tous les deux. Dit le grand loup gris.

- Quoi ?

Terok parla alors lentement, pour bien nous faire comprendre.

- Ne revenez plus jamais sur le territoire de notre meute. Vous êtes des indésirables maintenant, vous n’avez plus votre place parmi nous. Si vous ne respecter pas cette mise en garde, nous vous tuerons immédiatement !

Nitti confirma cela, Tarak l’avait mise au courant elle aussi.

C’était dur d’entendre ça, mais je me rappela les malheurs que nous avions apportés à cette meute, nous avions même failli la détruire. Et donc je ne put penser qu’ils avaient tord de faire ça.

 

Mon père demanda à Nitti si elle voulait venir avec nous. Mais elle avait toujours vécu avec les loups, elle n’avait jamais vu d’homme autrement que sous la forme de chasseurs qui venaient tuer sa famille ou ses compagnons, elle avait trop peur d’eux. Elle savait qu’une fois de retour dans la meute elle redeviendrait le souffre-douleur des autres, mais elle préférait ça à la vie prés des hommes.

 

Elle et Terok firent demi-tour, sans faire d’adieux, comme ça !

Mais un fois hors de vue, j’entendis le hurlement du loup gris, immédiatement suivit pas celui de Nitti. C’était ça leur moyen de dire adieu. Nous leurs répondîmes, je fis du mieux que je pus pour faire un hurlement de loup acceptable.

Au loin, d’autres hurlements se firent entendre. Etaient-ce ceux de notre ancienne meute ? Difficile à dire à cause de la distance.

 

Puis ce fut le silence.

 

- Ils vont me manquer. Dis-je à mon père.

- Bienvenue au club !

Puis nous reprîmes la route vers chez nous.

 

Enfin j’arriva en haut d’une colline. De là je pouvais voir une grande plaine s’étendant jusqu’a la mer. Et au bord de celle-ci il y avait une ville, un ensemble plat de maisons d’où dépassait le clocher d’une église.

Nome !

 

Cela faisait combien de temps que j’étais partit ? À peine deux saison, et pourtant il me semblait que cela faisait des années, le temps avait passé si lentement. J’avais même l’étrange impression d’avoir toujours vécu dans la meute, et que ma vie à Nome n’avait été qu’un rêve ! Et pourtant !

- Tu viens ? Me dit mon père.

Bizarrement j’hésita un instant. C’était ma vie qui était là bas, il fallait que j’y retourne, mais pourtant j’avais l’impression que j’allais perdre quelque chose.

Puis je me décida, je pensa à mes proches : maman, Boris et les deux oursons, Rosy, mon jeune maître et son père, Ralph, Kirby, Dub, Nanook, Dusty… … DUSTY !!!

- On y va ! Dis-je à mon père.

Et je me lança en direction de ma ville natale, en marchant vite.

- Doucement, tu vas tomber de fatigue ! Dit mon père.

Mais je continuais quand même.

 

La ville se rapprochait, je pouvais commencer à sentir toutes ces odeurs familières. Le charbon et le métal chauffé des chaudières, le pétrole des lampes, l’huile et la graisse des machines, la fumé des feux, les peintures et vernis du bois, les tissus des vêtements et des meubles, le savon, et bien d’autre encore.

Il y avait bien sûr les odeurs des hommes, celles des chiens, et de tous les autres animaux domestiques.

 

J’approchais de la salle des chaudières, je me mis à courir malgré mes blessures et mon épuisement. Je sentais qu’il y avait des chiens à l’intérieur, et parmi eux…

Arrivé à la porte je me jeta dessus et l’ouvris d’un seul coup, en grand.

Tous les chiens qui se trouvaient dans la salle sursautèrent. Mon attelage était là, au complet, plus un chien qui faisait partit d’un autre attelage quand j’étais partit, et qui devait sûrement me remplacer.

 

Je m’avança lentement, fixant les autres du regard.

Ils semblaient ne pas me reconnaître, ou du moins ils semblaient hésiter et se demander si c’était bien moi.

Je me rendis compte que je devais être méconnaissable : sale, couvert de balafres, maigre comme un clou… et je devais puer le loup !

 

Mais Dusty se leva, et s’avança légèrement.

Je n’hésita pas une seconde de plus, je me lance dans sa direction. Elle fit de même.

- Kodi ! Cria-t-elle.

Je ne répondis rien, et nous nous percutâmes violemment. Cela me fit très mal, mais la douleur semblait secondaire.

Puis nous roulâmes sur le sol, enlacés, nous donnant de grands coups de langue.

Je la serra fort contre moi, si fort que je devais lui faire mal. Tant pis !

Je plongea mon museau dans l’épaisse fourrure de son cou, ses poils doux frottèrent contre mon nez et mes babines, ma langue perçu le goût de son pelage, je reniflais avec délice sa merveilleuse odeur, je sentais son corps pressé contre le mien, et elle continuait à me lécher la figure. Quel bonheur !

Je crois que je devais être le chien, ou même l’être vivant, le plus heureux du monde à ce moment là, j’en pleurais tellement c’était merveilleux. Je ne faisais même pas attention à tous mes autres compagnons d’attelage qui étaient surexcités, et qui me souhaitaient la bienvenue, ou je ne sais plus quoi, j’ais oublié ce qu’ils disaient. Tant pis ! Seul comptait pour moi Dusty, MA Dusty, j’aurais presque été prêt à tuer pour rester avec elle !

Les autres finirent par nous laisser seul, puis on s’est endormit tous les deux,



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Commentaires

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Derniers commentaires

04 Juillet 2016
France Fille
Vive Plagg !
Moi j'ai trouvé ta fic géniale. L'aventure la fin et tout. Mais juste un détail: les loups se reproduisent en hiver. Comment je sais ça, à force de documentaires, à part ça super fic. Une de mes préférés.

27 Novembre 2010
Ancien Modérateur France Garçon
Is that a piano ?
Indescriptible. Indescriptible. Bouche bée. Incroyable. Super génial euh mais euh ! C'est tout simplement : G E N I A L J'adore ton style ton imagination ! bien que j'ai été un peu surpris quand les loups s'accouplèrent mais bon ce n'est qu'un détail xD

Invité
Invité
31 Juillet 2010
mais comment tu fais pour me faire chialer à chaque fanfic alors que je depasse l'age indiqué?
j'en ai marre, marre, marre et triple marre!

14 Avril 2009
France Fille
Alors la ! chapeau ! j'ai lu toute l'histoire ( et aussi " le pire crime") J'adore !!! :icon40: quelle imagination c'est incroyable !!! je pourrais la relire des dizaines de fois ( même si elle est trééééés longue lol ) On s'y croirais vraiment :icon14:

Un grand bravo !!!




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