c’était sur lui qu’on tirait, mais il se rendit compte qu’il n’avait rien. Balto alors ? Il risqua un coup d’œil à travers les feuilles du buisson où il était embusqué : En fait le jeune chien-loup était toujours vivant, et un homme le tenait, dans sa main, juste à coté. Il vit également que dans une direction la voie était libre.

Il n’hésita pas, rassemblant tout son courage il bondit et attrapa Balto au vol, puis il se mit à courir à toute allure.

- PAPA ! Il faut aller le chercher. Tarak, arrête-toi ! Dit Balto.

Tarak lui dit de se taire en grognant, mais il repensait lui aussi à Kitok, il comprenait qu’il était mort. Malgré l’antipathie qu’il avait envers ce chien, il ressentit comme un vide en lui.

 

Il arriva à la tanière, Aniu et les autres petits étaient là.

- Que se passe-t-il ? Demanda sa mère.

- Des chasseurs, ils arrivent, répondit Tarak après avoir relâché Balto.

- Où est Kitok ?

- Les hommes l’ont… il est…

Tarak vit alors la tristesse sur le visage de la louve, il savait qu’elle l’aimait beaucoup. Puis il entendit les aboiement des chiens qui approchaient.

C’est alors qu’il compris qu’il venait de faire une deuxième erreur, énorme : Il n’aurait pas dû revenir à la tanière comme ça, les chasseurs et leurs chiens l’avaient suivit ! Il aurait dû partir dans une autre direction, attirer les chasseurs loin de la tanière, faire diversion. Même si les chasseurs savaient où elle était cela aurait donné du temps à Aniu pour qu’elle aille cacher Nitti et Waoss. Maintenant c’était irréparable !

 

- Il faut partir ! Dit la louve, en surmontant son chagrin.

 

Tarak savait ce qu’il devait faire, attraper un petit dans sa gueule et courir. Mais il se rendit compte d’une chose horrible : Lui et sa mère ne pouvaient transporter que deux petits. Le troisième devrait être abandonné !

Ni Tarak ni sa mère ne se sentaient capable de faire une telle chose, mais s’ils ne le faisaient pas ils allaient tous mourir, les chasseurs se rapprochaient.

Aniu prendrait Nitti, car c’était la seule femelle, restait donc à choisir entre les deux mâles. Waoss semblait être le plus apte à survivre, le plus fort, le plus sauvage… le plus loup.

- Waoss, prend-le ! Dit Aniu à son fils aîné, la voix brisée par le chagrin.

- Balto ! Dit Tarak naïvement.

- On n’a pas le choix ! Répondit-elle, le visage ravagé par la tristesse.

Alors, plein de honte, Tarak se pencha et attrapa Waoss par le dos. « Que mes ancêtres me pardonnent » se dit-il. Balto semblait encore sous le choc, il ne se rendait même pas compte du drame incroyable que vivaient sa mère et son frère.

 

Puis ils partirent, sans un adieu, sans un mot.

 

- Maman ! Tarak ! Où allez-vous ?

Tarak essaya de ne pas l’entendre, peine perdue !

- Attendez-moi ! TARAK, MAMAAAAAAAAAAN !

Cela lui perça le cœur, il entendait les chiens, ils devaient être juste derrière Balto ! Il se maudissait d’avoir fait ça ! Il n’avait jamais vraiment aimé Balto : Trop chien de par son comportement. Mais c’était quand même son petit frère et il aurait tout fait pour le protéger, et voilà que maintenant il devait l’abandonner à ces monstres d’humains, et à leurs chiens !

Et il se dit que pour ça mère cela devait être bien pire.

 

Puis il y avait la suite : de retour à la tanière pour essayer de sauver Balto, Tarak n’avait pas repéré assez tôt le tireur embusqué, ce qui fut fatal à sa mère ! Puis ensuite cette quatrième erreur qui lui avait coûté si cher : il avait trop tardé à fuir, permettant au chasseur d’ajuster son coup et de le toucher. S’il avait réagit une seconde plus tôt il aurait pu fuir, rejoindre Galor et Ika, et ne se serait pas retrouvé entre les mains des hommes.

 

 

C’est en général à ce moment là qu’il se réveillait, et devait alors reprendre son pénible voyage.

 

 

Mais quand l’hiver suivant fut là, les choses devinrent encore plus difficiles. Tarak n’était plus très loin de la frontière entre le Canada et l’Alaska, il ne lui restait plus beaucoup de distance à parcourir (relativement), et il ne put s’empêche de continuer à avancer, plus lentement certes, mais il avançait toujours. Il maigrissait, le temps où il pesait plus de 90 kg était déjà loin, mais ça empirait maintenant.

Les rares fois où il mangeait il avait l’impression de découvrir le goût de la viande pour la première fois !

Cet hiver là fut effroyable pour lui, et jamais il n’en connut de pire, ni même de comparable. Mais il voulait retrouver Waoss et Nitti, ça faisait trop longtemps qu’il ne les avait pas vus, trop longtemps qu’il ignorait ce qu’ils étaient devenus. Et Watan ? Etait-elle toujours là elle aussi ? Et si oui, était-elle toujours seule, ou bien avait-elle pris un autre compagnon ? Il en perdait toute raison, et fonçait aveuglément vers sa terre natale.

 

Et enfin il y fut, il y était parvenu, après 18 longs mois de voyage !

Mais à quel prix :

Tarak n’était plus qu’un squelette ! De partout ses os formaient des bosses sur sa fourrure, son corps semblait difforme ! Cela faisait ressortir ses nombreuses cicatrices, certaines plaies récentes étaient encore ouvertes, béantes. Si on lui avait touché le ventre ont aurait presque put sentir sa colonne vertébrale ! Ses côtes étaient si saillantes qu’on avait l’impression que la peau les entourait complètement.

Certains coussinets de ses pattes n’étaient plus que des masses informes et sanguinolentes. Il boitait. Sa fourrure était salle, tachée de sang et de boue. Et enfin il avait des plaques où ses poils tombaient, et qui faisaient des trous dans son pelage.

Il avait presque atteint la limite extrême de la résistance de son corps, lequel le faisait tellement souffrir qu’il essayait de l’oublier, et il marchait, marchait, et marchait encore. Parfois il marchait pendant plusieurs jours de manière presque automatique, sans s’en rendre compte, ni même sans se souvenir de pourquoi il le faisait.

 

Il était tellement pitoyable à voir que les autres loups ne l’importunaient même plus quand il pénétrait sur leurs territoires. Ils le surveillaient, mais à distance, comme si c’était un pestiféré ! Ils devaient craindre qu’il soit malade et qu’il ne les infecte s’ils s’approchaient trop de lui.

 

 

Le territoire de la meute de Galor et Ika était assez vaste pour que Tarak mette plusieurs jours à les retrouver.

Et puis un jour, presque trois ans après sa capture, il finit par percevoir une odeur familière…

 

 

Ce jour là Nitti était en train de pister un lapin.

Dans la meute de Galor elle était le loup oméga, l’individu le plus bas dans la hiérarchie, sûrement à cause du fait qu’elle était métissée avec un chien. Elle mangeait en dernier, et souvent ce qui restait ne suffisait pas à calme sa faim, c’est pourquoi elle chassait souvent du petit gibier, seule.

Mais tout d’un coup elle tomba nez à nez avec un grand loup blanc. Enfin, le terme "cadavre ambulant" aurait été plus approprié pour décrire l’animal qui était en face d’elle, il était effrayant à voir !

 

Alors elle pris peur, et voulut s’enfuir en courant. Mais l’autre lui parla d’une voix faible.

- Nitti !

- Co… comment connais-tu mon nom ? … Et qui est-tu ?

- Tu ne me reconnais pas ? Je suis Tarak, ton grand frère !

- Il… il est mort… Il y a longtemps déjà, il n’est jamais revenu nous chercher.

- Et bien je suis revenu. Aniu est morte, mais moi je suis vivant, et je suis là !

Nitti semblait avoir du mal à le croire et elle partit en courant.

Puis Tarak se sentit tous d’un coup très fatigué, il avait atteint son but, et maintenant il sentait le besoin de se reposer. Il succomba à une irrésistible envie de se coucher et de se détendre, puis il s’endormit.

 

Tarak revenait à lui, il entendait les autres discuter.

- Regardez comme ses griffes et ses coussinets son usés. Dit la voix de Galor. Il a dû parcourir une distance énorme. Et comme il est maigre ! Et ces cicatrices ! … Je ne sais pas où il s’est retrouvé, mais ça devait vraiment être loin d’ici ! Je crois qu’il aura beaucoup de choses à raconter.

- Papa, tu… tu crois qu’il va survire ? Dit une voix de femelle.

- Tu l’aimes toujours à ce que je vois ! Ne t’inquiète pas, son voyage a visiblement été très long et très difficile, je ne crois pas qu’il aurait fait tout ça pour mourir une fois ici ! Et puis c’est le printemps, le gibier va à nouveau abonder, ont pourras le nourrir jusqu’a ce qu’il soit capable de chasser.

Oui, il a de bonne chance de vivre.

- Et vous deux ! Dit Ika. Vous avez trois ans, vous n’êtes plus des bébés, vous pourriez vous en aller. En plus il est infesté de puces, il va vous les refiler, et qu’est-ce qu’il pue, il est vraiment crasseux !

C’est à ce moment là que Tarak se rendit compte qu’il avait deux loups couché contre lui, ou plutôt deux métis : Nitti et Waoss. Leur vraie mère et leur grand frère leurs avaient tellement manqué ! Ils voulaient profiter de lui maintenant, ça faisait trop longtemps ! Tarak sera Nitti contre lui, elle lui rappelait Aniu, il lui semblait que tout ce qui lui restait d’elle c’était ces tâches blanches sous les jeux de Nitti ! Il en fut triste.

Puis Tarak leva les yeux, il vit le couple ami, puis une ravissante louve grise du même âge que lui.

Watan ! Elle était là !

Elle s’approcha pour lui parler.

- Tarak ! Si tu savais comme tu m’a manqué. Et… regarde dans l’état que tu es ! Dit-elle, les larmes aux yeux.

- Je t’avais dit d’être forte, tu te souviens ?

- Oui.

- Tu sais, tu avais raison d’avoir peur pour moi finalement, tu avais bien raison…

Puis Tarak reposa sa tête au sol.

- Laisse le, il a besoin de se reposer. Dit Ika.

Et ils laissèrent Tarak profiter



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Commentaires

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Derniers commentaires

15 Janvier 2011
France Garçon
The Devil tips his hat to me
:cry: pourquoi est-ce celle qui me ressemble qui meurt la première?

Invité
Invité
30 Juillet 2010
à propos de l'avertissement, il est inutile de mon point de vu, mais bon, il est efficace par rapport à certains malades mentaux!

13 Août 2006
France Garçon
Pardon d’avoir mis du temps à répondre. « mais dans odyssey, il y a un problème de taille: Tarak n'a que deux ans, lorsqu'il s'accouple avec Alina alors que les loups mâles sont mature à trois ans. » Dans son livre « Le loup », Jean-Marc Landry (un des plus grand spécialiste du loup au monde) dit que la maturité chez les loups, mâles et femelles, se produit à l’âge de 22 mois, donc ça colle ;) De plus, la captivité peut fausser les choses : dans certains parcs ou zoo on a vu des louves se reproduire à l’âge de 10 mois à peine, ou bien avoir deux portée dans la même année, ce qui ne se produit pas dans la nature. Alors… Sinon à par ça encore merci à tous pour vos commentaires:)

Kodi
Kodi
23 Mars 2006
10000000000000 fois
:idea: bravo bravo:Love:

amilou
Amilou
18 Janvier 2006
bravo mille fois bravo tes histoire son interressante et en plus tu as plein d'idée tu pourrais même ecrire un livre
;)

cyber luna
Cyber
luna
28 Juillet 2005
wow c'est vraiment genial ton histoire:p comme toute les autres d'ailleur:) surtout que tarak est mon pesonage prefere:p 2 fois bravo!!!!




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