moment se fut pour lui une angoisse sans nom. Car, dans sa situation, la cécité c’était la mort garantie : impossible de chasser, impossible de se déplacer, impossible d’échapper aux chasseurs s’il tombait sur eux. Heureusement sa vue revint ensuite, et il fut extrêmement soulagé.

Comme pour les piquants du porc-épic, la puanteur de ce liquide mis du temps à disparaître.

Il avait compris la leçon, encore un animal à ne pas toucher !

 

Par la suite il se méfiait terriblement chaque fois qu’il rencontrait un animal inconnu, mais il fallait bien qu’il essaye, la peur au ventre, pour savoir quoi chasser sans risque.

 

Résultat de tout ces problèmes : Il eut du mal à trouver sa nourriture, lui qui s’était habitué à manger à sa faim, tout les jours, et à heure fixe ! Ses généreuses réserves de graisse, accumulées durant sa captivité, avaient vite disparu ! Mais heureusement ensuite cela s’améliora, du moins jusqu'à l’hiver.

 

 

Il avait également du mal à trouver de l’eau. Au début il était en Californie, en plein été ! Il ne connaissait pas toutes les astuces utilisées par les animaux de la région.

 

Quelques jours seulement après son évasion, Tarak se retrouva presque mort de soif, il cherchait partout de l’eau, mais il la cherchait mal et en trouvait peut. Alors il dut se résoudre à s’approcher d’une ferme. Il le fit de nuit, il passa prés d’animaux domestiques qui auraient pu le nourrir, mais seul l’eau l’intéressait.

Il avançait à pas feutré, attentif au moindre bruit, il savait que les hommes le tueraient sur-le-champ s’ils le voyaient. Son odorat lui disait que le précieux liquide était là, à porté de langue.

Un chien se mit à aboyer, au moment où il trouva un abreuvoir pour le bétail. Il se jeta dessus et but aussi vite qu’il le pouvait. Mais à peine avait-il commencé qu’il entendit le fermier se lever, alerté par le chien. Il fallait qu’il parte, tout de suite… mais l’eau qui était là, il avait encore soif ! Tarak essaya de boire le plus possible mais à un moment il fut obligé s’enfuir, il n’avait pas encore totalement étanché sa soif, mais temps pis. Il partit juste à temps, car le fermier lui tira dessus et perça un trou dans l’abreuvoir. Tarak détalla en zigzaguant pour ne pas être touché, le fermier tira encore, à plusieurs reprises, mais ne put l’atteindre.

 

Une fois loin, il se dit qu’il avait pris trop de risque, mais avait-il le choix ? Non, et il fallut qu’il recommence ensuite.

 

Au début de son voyage, il a probablement passe très prés de mourir de soif à plusieurs reprise encore. Le plus souvent il était assoiffé en même temps qu’il avait faim. Souvent il trouvait à boire alors qu’il était presque totalement déshydraté, et fréquemment il devait prendre le risque d’aller chercher de l’eau prés des villes et villages, parfois à l’intérieur de ceux-ci. Plus d’une fois il fut à nouveau surpris et manqua de se faire abattre !

 

 

Mais cela ne l’empêcha pas d’avancer. Au contraire, ça le motivait pour s’éloigner le plus vite possible et rejoindre des régions moins chaudes et plus sauvages

 

 

Il ignorait comment il savait que c’est au nord que se trouvait l’endroit d’où il venait, mais il le savait, c’est tout, et ça lui suffisait.

Pourquoi voulait-il tellement y retourner ? Il aurait put s’installer là où il se trouvait, et aurait peut être finit par bien y vivre !

Mais il était né là bas, en Alaska, et c’est là bas que se trouvaient, peut-être, les derniers survivants de sa meute, Nitti et Waoss, ainsi que Watan ! Il voulait les rejoindre.

De plus il y avait quelque chose d’autre : Tarak était étonné qu’il n’y avait quasiment pas de loups dans les régions qu’il traversait, mais il avait un pressentiment sur la cause de cet état de fait. Puis il fit une découverte qui confirma ses craintes.

 

C’était un jour où un très fort orage avait éclaté, et Tarak s’était réfugié dans une grotte. Mais peut de temps après il ressentit une étrange sensation et, sans trop savoir pourquoi, il se leva et s’enfonça dans la galerie. Il parvint ainsi à une petite salle qui se trouvait sous un gouffre, par lequel entrait la lumière du jour et la pluie. Sous ce gouffre il y avait un grand monticule d’ossements, et, en les examinant, Tarak compris instinctivement qu’il y avait presque exclusivement des squelettes de loups ! Il devait y en avoir des centaines et des centaines, y compris certains qui appartenaient manifestement à des louvart ou même à des louveteaux ! Et sur le dessus du tas, un ou deux cadavres en décompositions, qui devaient être arrivés récemment.

C’était ici que les hommes de la région jetaient les cadavres des loups qu’ils avaient tués.

Il en fut profondément attristé, et écœuré, mais il comprenait maintenant : les loups n’avaient plus d’avenir en ces terres !

 

Après trois siècles d’une campagne d’extermination acharnée aux Etats Unis, leur race achevait de s’éteindre dans l’Ouest américain. Et pour liquider les derniers d’entre eux, le gouvernement avait engagé à temps plein quelque trois cents chasseurs qui utilisaient souvent des méthodes innommables pour parvenir à leur fin, y compris dans les parcs nationaux !

Tarak ne rencontrait que quelques loups isolés, la plupart vieux, car les chasseurs détruisaient les portés, empêchant les loups d’assurer leur descendance.

Dans ces régions, cette espèce, autrefois prospère et majestueuse, était désormais réduite à quelques misérables survivants, souvent en piteux états, fatigués d’être traqué en permanence.

 

Il ne voulait pas rester sur ces terres maudites, il fallait qu’il parte, le plus loin possible.

 

 

Mais très vite un autre sujet le préoccupa, car il devrait bientôt faire face à un problème de taille : l’hiver !

Il avait déjà du mal à survire tout en se déplacent, mais il y arrivait tant bien que mal. Par contre, avec l’hiver, il était fort probable que son manque d’expérience et de pratique lui serait fatal. Tarak le comprenait, il se voyait déjà squelettique, puis mourant de faim !

Ceci dit, il préférait mourir comme ça, en pleine nature, et après quelque mois de liberté, plutôt que de vivre vingt ans en captivité, enfermé dans une cage.

La liberté ou la mort !

 

C’est alors qu’il rencontra Matsi.

 

Depuis plusieurs jours il avait l’impression qu’on le surveillait, qu’on le suivait, c’est pourquoi à un moment il stoppa son périple et décida d’en avoir le cœur net. Il attendit quelques instants, les sens aux aguets. Oui, il sentait bien une présence, celle d’un autre loup, même s’il ne pouvait le localiser.

- Qui est là ? Dit-il sur un ton ferme.

Pas de réponse.

- Je sais que quelqu’un me surveille… montre-toi ! Et si tu veux de battre viens en face de moi !

- Tu n’as rien à redouter de moi. Dit une voie masculine et enrouée. Je suis juste curieux.

Un vieux loup, très vieux même, et seul, sortit de son poste d’observation.

- Je m’appelle Matsi, et toi ?

- Tarak.

Matsi lui tourna autour, il semblait le regarder, l’examiner en détail maintenant qu’il pouvait le voir de prés. Puis il dit :

- Je n’ais jamais vu de loups aussi grand que toi (et en effet, Tarak semblait énorme à coté de lui), d’où viens tu ?

- De très loin au nord, et j’y retourne.

Puis Tarak raconta toute son histoire, sa capture en Alaska, sa captivité, son évasion, puis son voyage. Matsi semblait avoir un peut de mal à le croire, mais il fut convaincu par le fait qu’il était bien différent des loups de la région.

- Et toi, qui est-tu ? Lui demanda Tarak.

Matsi lui raconta, son passé n’était guère mieux. Quand il était jeune il vivait dans une petite meute, mais les hommes, par le fusil, le piège et le poison, ont massacré tous les membres de celle-ci, à l’exception de Matsi qui avait réussit à s’enfuir de justesse. Il avait alors mené une vie solitaire pendant de nombreuses années, pourchassé sans relâche par les hommes. Il leurs avait échappé jusqu'à aujourd’hui, grâce à sa ruse, mais maintenant il se faisait vieux.

 

Puis il dit à Tarak :

- Ça fait un petit moment que je t’observe, et tu as l’air bien maladroit pour chasser !

- C’est parce que je suis resté enfermé trop longtemps. J’étais si jeune lors de ma capture !

- Et tu crois que tu arriveras à rejoindre ta terre natale ?

Cela confirmait ce qu’il redoutait.

- Je crois que non, je l’ais compris maintenant… mais j’aurais au moins essayé.

Matsi sembla réfléchir un moment, puis il dit :

- Je vais t’aider. Je vais t’enseigner tous ce que je pourrais, te faire profiter de mon expérience. Tu seras ainsi mieux armé pour survivre.

- Tu veux venir avec moi ?

- Non, je ne suis plus jeune, je n’ais plus ta vigueur et ta résistance. Je ne pourrais pas supporter un tel voyage.

- Mais alors ?

Matsi poussa un soupir, avant de dire :

- La première chose que je vais t’apprendre c’est que tu ne pourras pas à la fois survire à l’hiver et continuer ton voyage, sinon tu mourras de faim et d’épuisement, aussi fort que tu sois. Tu vas rester ici, avec moi, et ce n’est qu’au printemps que tu reprendras ta route. C’est ta seule chance d’y arriver.

- Pourquoi tu veux m’aider comme ça ? Je ne pourrais jamais t’aider en retour une fois chez moi.

Matsi pris alors un air très triste.

- Je crois que tu as déjà dû te rendre compte que ça en sera bientôt finit des loups sur ces terres, je ne peux rien faire pour empêcher cela. Je ne sers plus à rien ! Notre espèce va s’éteindre ici de toute façon, alors que là d’où tu viens il y a encore de l’espoir. C’est pour ça que je veux t’aider, j’aurais ainsi au moins participé à la survie de notre espèce là bas. Le meilleur moyen de me remercier ce sera de réussir à rentrer sur tes terres, d’avoir des enfants et de transmettre ta force à tes descendants.

 

Tarak le lui



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Commentaires

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Derniers commentaires

15 Janvier 2011
France Garçon
The Devil tips his hat to me
:cry: pourquoi est-ce celle qui me ressemble qui meurt la première?

Invité
Invité
30 Juillet 2010
à propos de l'avertissement, il est inutile de mon point de vu, mais bon, il est efficace par rapport à certains malades mentaux!

13 Août 2006
France Garçon
Pardon d’avoir mis du temps à répondre. « mais dans odyssey, il y a un problème de taille: Tarak n'a que deux ans, lorsqu'il s'accouple avec Alina alors que les loups mâles sont mature à trois ans. » Dans son livre « Le loup », Jean-Marc Landry (un des plus grand spécialiste du loup au monde) dit que la maturité chez les loups, mâles et femelles, se produit à l’âge de 22 mois, donc ça colle ;) De plus, la captivité peut fausser les choses : dans certains parcs ou zoo on a vu des louves se reproduire à l’âge de 10 mois à peine, ou bien avoir deux portée dans la même année, ce qui ne se produit pas dans la nature. Alors… Sinon à par ça encore merci à tous pour vos commentaires:)

Kodi
Kodi
23 Mars 2006
10000000000000 fois
:idea: bravo bravo:Love:

amilou
Amilou
18 Janvier 2006
bravo mille fois bravo tes histoire son interressante et en plus tu as plein d'idée tu pourrais même ecrire un livre
;)

cyber luna
Cyber
luna
28 Juillet 2005
wow c'est vraiment genial ton histoire:p comme toute les autres d'ailleur:) surtout que tarak est mon pesonage prefere:p 2 fois bravo!!!!




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