sauvage dans l’épaule !
Pour Kitok la douleur fut atroce, mais sa manœuvre de soumission fut payante, la louve lâcha prise et ne le mordit pas à nouveau. Mais elle restait au-dessus de lui, menaçante, les crocs à quelques millimètres de sa gorge. Son attaque avait été fulgurante, Kitok aurait été incapable de se défendre si elle avait voulu le tuer !
- Maman, c’est lui. Dit timidement le louvart.
- Quoi ? Dit-elle, la voix déformée par la rage.
- C’est lui qui m’a libéré l’autre jour.
- Oui c’est moi.
Et Kitok expliqua en détail comment il avait fait, cela correspondait à ce que Tarak avait raconté à sa mère. Et ça sembla la calmer, mais elle restait sur ses gardes.
- Au moindre geste suspect je te mets en pièce ! Dit-elle d’une voix coléreuse.
Puis elle s’écarta de lui et Kitok pu se relever. La louve en colère était terrifiante, mais qu’est-ce qu’elle était belle !
- Je suis venu pour vous aider, dit Kitok à la louve.
- Pourquoi ? Demanda-t-elle.
- Ben, avant-hier vous avez perdu votre compagnon et…
- Comment le sait-tu ? Coupa-t-elle sur un ton hargneux.
- Euuuuh… en fait c’est que…
Tout d’un coup la louve tressaillit et sembla sur le point de lui sauter dessus à nouveau.
- TU AS PARTICIPÉ À LA CHASSE ? … TU AS TUÉ MES ENFANTS ?
Tarak aussi semblait prêt à l’attaquer ! Kitok se mit à parler précipitamment, presque en paniquant :
- Je ne faisais qu’observer, c’était la première fois que je participais à une chasse, et ce sera la dernière. Je vous jure que si j’avais su je n’y serais pas allé, mais ça n’aurait rien changé. Enfin si, je n’aurais pas été là pour libérer votre fils !
Ils continuaient à le regarder lourdement, Kitok pensait qu’il allait mourir maintenant, déchiqueté par les deux loups !
- Je vous promets que je ne recommencerais plus jamais une chose pareille… Je vous en supplie, ne me tuer pas !
Mais heureusement la louve sembla comprendre.
- Tu as sauvé mon fils, c’est vrai, et je te suis reconnaissante, c’est pour ça que je te laisse en vie.
Puis tous d’un coup elle se mit à partir, et son fils l’imita.
- Où allez-vous ?
- Loin d’ici.
Kitok se mit à les suivre.
- Je viens avec vous !
- Non, retourne chez toi. Dit la louve.
- Je veux vous aider, je… je veux me racheter.
Tarak se retourna.
- T’as entendu ma mère, CASSE-TOI !
Mais Kitok continuait à parler.
- Je me sens coupable, J’aurais tellement aimé sauver les autres quand j’ais compris ce qui aller se passer.
- TAIS-TOI ! Dit la louve en s’arrêtant. Suit-nous si tu veux, mais on ne t’attendra pas, si tu n’es pas capable de nous suivre, on t’abandonnera.
Puis elle s’approcha de Kitok, plongea ses yeux dans les siens, et elle lui dit lentement, détachant bien chaque mot, et avec un ton effrayant et glacial :
- Et si jamais tu nous apportes des ennuis… je te tue ! … C’est clair ?
Kitok fut pétrifié de terreur, et s’est tout juste s’il pu prononcer quelques mots.
- He… Oui… c’est clair.
Puis la louve et son fils reprirent leur chemin, sans un mot.
Et Kitok les suivit, malgré sa blessure à l’épaule. Il arriva à discuter un peut avec eux, et finit ainsi par apprendre le nom de la louve : Aniu.
Au bout d’un moment ils s’arrêtèrent pour dormir.
Mais avant cela, les deux loups se mirent à hurler. C’était le même hurlement que la nuit précédente, et de prés il semblait encore plus triste.
Les chiens de traîneaux hurlent souvent comme les loups, mais Kitok se rendait compte que ce n’était qu’une pâle imitation des hurlements des loups. Le chant qu’il entendait prés de lui était incomparablement plus beau et plus harmonieux.
Les chiens ne savent pas pourquoi ils hurlent, ils le font d’instinct, mais les loups eux savent pourquoi. Kitok devinait qu’il y avait un message dans ces hurlements, mais il ne réussit pas à le comprendre. Cela fait trop longtemps que les chiens n’utilisent plus ce langage, ils l’ont oublié.
Kitok ne pu s’empêcher de se mettre à hurler lui aussi. Ce fut une catastrophe ! Son cri était en total désaccord, et en comparaison il paraissait… minable, il n’y a pas d’autre mot. Aniu et Tarak s’interrompirent tout de suite, et ils le fusillèrent du regard, l’air de dire « qui t’a demandé de brailler comme ça ? » Kitok ne recommença pas et il laissa les deux autres reprendre leur chant.
Après ça ils se couchèrent. Tarak se blottit contre sa mère, comme un bébé, alors qu’il était déjà plus grand qu’elle ! Il semblait encore traumatisé par ce qu’il avait vécu ! Tous deux semblaient former une seule masse blanche.
Mais quand Kitok essaya de se coucher avec eux ils le rejetèrent brusquement, lui montrant deux magnifiques dentitions ! Il dû dormir à l’écart, mais, de là où il était, il entendait Aniu pleurer.
Il avait toujours entendu dire que les loups étaient des bêtes primitives, des brutes épaisses sans pitié, dépourvues d’intelligences et d’émotions. Tout cela était faux, il s’en rendait compte maintenant. Les loups sont certes plus "rustiques" que les chiens, mais ils sont intelligents, ils ont des sentiments.
« Qu’est-ce qu’elle est belle » se disait-il ! Il ne pouvait pas s’empêcher d’y penser. Kitok du se rendre à l’évidence : il tombait amoureux !
Durant la nuit Tarak se mit d’un coup à crier comme un fou, Kitok sursauta, puis il entendit Aniu.
- Du calme, n’est pas peur, je suis avec toi. C’est juste un cauchemar.
- Pourquoi maman, pourquoi ? Dit Tarak en sanglotant.
Plus que jamais Kitok s’en voulait, il aurait dû empêcher les hommes de faire ça ! Il jura de les protéger tous les deux et de les aider à passer l’hiver.
Puis il pensa à son maître, à son travail. Il était fidèle à eux, mais pouvait-il abandonner Aniu et Tarak !
Les hommes, pour qui il travaillait, pourraient le remplacer facilement, par contre rien ni personne ne pourrait remplacer les enfants d’Aniu qui sont morts !
Mais il ne renonça pas aux hommes pour toujours, il savait que ceux qui ont fait ce massacre n’étaient pas les mêmes que ceux avec qui il travaillait, et que tous les hommes ne sont pas comme ça, du moins il l’espérait. Il pensait ainsi retourner chez lui dés la fin de l’hiver.
Aniu était jeune, et depuis la disparition de son compagnon elle se sentait si seule ! C’est pour cela que petit à petit elle acceptait la présence de Kitok au coté d’elle.
Tarak moins, il se souvenait que Kitok l’avait sauvé bien sûr, mais maintenant il se souvenait aussi de l’avoir vu avec les autres chiens au moment du massacre de ses frères et sœurs, et cela le déranger beaucoup. Kitok craignait qu’il finisse par l’attaquer.
De plus il grandissait si vite, chaque jour il devenait plus fort ! Rapidement il égala en taille Nirgal et Steele, puis il les dépassa largement.
Une nuit, alors qu’il était couché, presque endormit, Kitok entendit tout d’un coup chuchoter à son oreille :
- Ne touche pas à ma mère, sinon je te découpe en morceaux !
Puis Tarak retourna se coucher. Kitok ne l’avait pas entendu se lever, ni s’approcher de lui. En fait, il aurait pu le tuer quand il voulait, et pendant un bon moment, à chaque fois que Kitok se couchait pour dormir, il se demandait si Tarak n’allait venir l’égorger dans son sommeil ! Mais il ne le fit jamais.
Kitok devait également faire face à un autre problème : la nourriture.
Il avait du mal à chasser aussi bien qu’un loup, il était bien moins rapide qu’Aniu, mais par contre il pouvait faire autre chose. Aller voler dans les villes par exemples. Il y avait deux citées à proximité : Nome et Dickson, et selon leurs déplacements il allait "se ravitailler" dans l’une ou l’autre.
Il n’aimait pas trop faire ça, mais il pensait à eux deux, il leur devait bien ça !
La première fois que Kitok leurs amena un chapelet de saucisses, Aniu et Tarak furent très surpris.
- C’est quoi ce truc ? Ca sent l’homme.
- De la nourriture que j’ais piqué en ville. Ne t’inquiète pas, des tas de chiens font ça, je ne risque pas d’attirer l’attention sur moi.
- Ca sent le feu aussi !
- C’est cuit, mais s’est mangeable !
Il n’était retourné qu’une seule fois dans sa ville natale, et ce fut pour informer Boris, Muk et Luk de la situation. Il réussit à les convaincre de changer de ville, pour être plus prés de lui. Il valait mieux en effet qu’ils restent loin de Nirgal et des autres chiens, étant donné que Kitok ne pouvait plus les protéger tant qu’il devrait aider Aniu et Tarak, quitte ensuite à faire le voyage inverse au printemps.
Ils partirent donc s’installer à Nome, pour cela Kitok avait trouvé une bonne cache dans un vieux bateau à l’écart de la ville. Mais Aniu et Tarak ignoraient leurs existences, et ce n’est qu’à l’occasion de ses tournés de ravitaillement que Kitok allait les voir.
Les chiens de Nome avaient remarqué que Kitok était un étranger, mais il leurs avait fait croire qu’il avait perdu son maître. Ce qui était vrai d’une certaine manière, puisque Kitok avait dû le quitter pour suivre Aniu. Il pu ainsi se faire accepter sans éveiller de soupçons, et parvint même à se faire des amis, comme le saint-bernard nommé Doc.
Avec le temps Aniu et Kitok devinrent plus proche, et quand Aniu entra en chaleur elle fut très attirée par lui. En fait, elle recherchait instinctivement la proximité d’un mâle. Tarak était bien trop jeune, alors que Kitok était parfaitement adulte ! Tous deux commençait à dormir ensemble.
Un soir, Kitok se coucha carrément contre elle. Puis il commença à lui lécher le museau et la figure, Aniu fit de même avec lui, ensuite ils commencèrent à ce frotter leur tête l’une contre l’autre. Et d’un coup Aniu se leva et Kitok l’imita, puis ils continuèrent à se frotter l’un contre l’autre pendant un moment, avant que Kitok ne
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| 16 Novembre 2010 | ||
Ancien Modérateur | ||
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J'ai adoré même si je crois qu'il manque la fin non? ![]() |