Melas ? Qu’est-ce que tu as fait ?

Mais Steele ne répondit pas.

- OÙ EST-ELLE, RÉPOND-MOI !

- Elle… elle est morte… je suis désolé père, … je ne voulais pas. Dit Steele en sanglotant.

Nirgal parut un instant désappointé, mais il se reprit tout de suite.

- Elle est quoi ? Qu’est-ce que tu as fait ? QU’EST-CE QUE TU AS FAIT ?

Nuvak essaya de le calmer.

- Nirgal, écoutez ! Calmez-vous, votre fils à subit un choc et …

- TA GUEULE TOI ! JE T’AIS PAS SONNÉ !

- Père, je suis désolé… dit Steele.

- ARRETE DE PLEURNICHER, DIT-MOI CE QUI C’EST PASSÉ !

- C’est les loups… ils l’ont tué.

- Je… heu… ET COMMENT C’EST ARRIVÉ ?

- Je ne voulais pas, je vous le jure père.

- Oooooh, tu ne me sers à rien, aller dégage minable !

Et Nirgal le bouscula rudement, puis il dit aux autres :

- Gardez-le-moi au chaud, je m’en occuperais à mon retour, et en entendant : Réunion générale ! Je veux que tous les chiens, petits et grands, soient autour de la place principale quand je reviendrais.

Puis il s’élança sur la piste, se servant de son odorat pour remonter le chemin pris par Steele. Ses autres enfants le suivirent.

Steele se réfugia dans un coin, il pleurait comme une madeleine. Kitok comprenait que Steele venait de perdre sa mère et il était triste pour lui.

Les autres chiens discutaient.

- J’aimerais pas être à sa place quand le père Nirgal va revenir, ça va chauffer dur !

- Sa mère est morte quand même, il aura pitié de lui, non ?

- Pitié ? Nirgal avoir pitié ? Alors ça j’aimerais bien le voir, surtout si Melas est morte à cause de lui !

 

Quelque temps plus tard Nirgal revint, ses fils et filles, qui l’avaient accompagné, le suivaient, et étaient tous en train de pleurer. Régulièrement Nirgal se retournait et leur criait dessus pour qu’il se montre fort.

 

Puis il arriva sur la place où se réunissaient les chiens.

- STEELE ! Cria-t-il, furieux.

Steele sortie de sa cachette, tout tremblant, accompagné par d’autres chiens.

- Met-toi au milieu de la place, lui dit-il, et vous laissez-le, ordonna-t-il aux autres.

Steele se plaça seul à l’endroit indiqué.

- Je ne l’ais pas fais exprès père, je vous en pris pardonnez-moi, dit Steele en pleurnichant.

Mais Nirgal fonça sur lui et le percuta violemment avec son large poitrail. Steele fut projeté à plusieurs mètres, et cria de douleur.

- TU TE RENDS COMPTE DE CE QUE TU AS FAIT, TU AS TUÉ TA MÈRE !

Steele se releva péniblement, puis il dit.

- Je ne le voulais pas.

- TAIS-TOI ! TAIS-TOI ! TAIS-TOI !

Nirgal lui fonça dessus et le mordit cruellement à l’épaule, le sang gicla. Steele tomba à terre, Nirgal lui sauta dessus, les pattes de devant jointes et raidies comme pour cassez la glace, et il le frappa au ventre, juste sous le sternum. Steele en eut le souffle coupé.

Nirgal se tourna alors vers tous les chiens qui étaient en spectateurs, il s’adressa à eux, et plus particulièrement aux jeunes :

- Vous voyez ce qui se passe quand ont désobéit à mes ordres ! Notre chère Melas est morte à cause de ça, et maintenant Steele va le payer !

Puis il s’adressa à son fils.

- RELÈVE-TOI !

La suite fut terrible pour Steele, à plusieurs reprises Nirgal le mordit, ou bien il le percuta en prenant de l’élan, le frappant avec les pattes de devant ou la tête, comme le ferra Steele avec Balto quelques années plus tard. Et pendant ce temps il n’arrêtait pas de l’insulter, de lui dire qu’il était une larve, qu’il n’était pas digne d’être son fils ni même d’être un chien de traîneaux. Steele se retrouva ensanglanté, et certains crurent que Nirgal allait le tuer ! Mais il n’en fit rien, finalement il le laissa au milieu de la place, gémissant sur le sol rouge de sang.

 

Kitok avait tout vu, et il était choqué d’une telle violence et d’un tel manque de pitié. Il se promit de ne jamais être comme ça envers ses enfants.

Mais surtout il se promit aussi de toujours être compréhensif et tolérant envers les autres.

 

Par la suite, l’antipathie entre Nirgal et son fils devient telle que les responsables durent faire partir Steele de la ville. Il fut vendu à un grand conducteur de traîneaux, et il avait de bonne raison de croire qu’il deviendrait un excellent chien de tête !

Kitok ne le revit jamais.

 

 

 

Le troisième grand événement se produisit un jour de début d’été.

 

Kitok allait rendre visite à Boris dans la carrière, quand tout d’un coup il entendit ce dernier l’appeler en criant. Il partit en courant et vit alors que deux oursons polaires essayaient d’attraper Boris. Kitok compris tout de suite qu’ils étaient affamés et semblaient donc vouloir faire de Boris leurs repas, même s’ils semblaient beaucoup hésitants et peu motivés.

Il leurs fonça dessus en criant, espérant leur faire peur. Les deux oursons, de taille très inégale, s’enfuirent aussitôt en courant.

- Moi en avoir assez de me faire attaquer ! Dit Boris.

- Tu es un gibier, lui dit Kitok en rigolant. Je t’avais dit de faire attention.

- Vraiment ?

- C’est normal. Tu sais, chez moi aussi mon instinct me dit de te sauter dessus et de te tuer chaque fois que je suis à coté de toi.

- QUOI !

- Mais ne t’inquiète pas, je contrôle mes instincts.

- Mais quand même !

- Pfffff ! Pour en revenir à eux deux, que font des ours polaires si jeunes ici ? Ils ont dû perdre leur mère.

- Sûrement, Bébé ours quitte maman ours bien plus tard !

- Il faudrait peut être les aider ? Je sais qu’ils t’ont attaqué, mais quand je les ais vus faire ils semblaient vraiment mal à l’aise, comme s’ils agissaient à contre cœur.

- Non, eux rester seul, et nous aussi.

- Tu es sûr ?

- Parfaitement !

- Enfin, on en reparlera.

 

Et en effet, ils en reparlèrent un peut plus tard.

Kitok et Boris entendirent d’autre chien aboyer. En allant voir ce qui ce passait, ils découvrirent, de loin, que les deux oursons c’était réfugié dans un arbre, visiblement poursuivit par un groupe de chiens, parmi lesquels figurait Nirgal.

 

- Les chiens vont les tuer ! Il faut les aider, dit Kitok.

- Et affronter Nirgal ? Il te mettra en morceaux.

- Mais il faut les sauver !

- C’est trop dangereux, toi pas pouvoir sauver tout le monde.

- Mais on ne va pas rester sans rien faire !

Puis Kitok sembla réfléchir.

- Attend, c’est bientôt l’heure à laquelle l’équipe de Nirgal va travailler pour la mine, ils vont peut être partir ?

Et effectivement, au bout d’un moment ils furent appelés par les mineurs et partirent.

- Je vais les voir, dit Kitok.

- Non, laisse-les.

- On ne peut pas les abandonner ! Désolé Boris, mais c’est plus fort que moi.

Et avant que Boris n’ait eu le temps de répondre, Kitok partit en courant et arriva au pied de l’arbre.

Les deux oursons étaient terrorisés mais Kitok parvint à les convaincre de descendre, puis il les présenta à son ami.

Boris et Kitok firent ainsi la connaissance de Muk et de Luk, et ils décidèrent de les garder avec eux.

 

Ce jour là Kitok compris qu’il ne devait pas se fier à l’espèce pour juger les autres, même s’ils semblent hostiles à première vue.

Kitok ce dit que désormais, à chaque fois qu’il rencontrerait quelqu’un d’une autre espèce, il prendrait le temps de réfléchir afin d’être sûr de ne pas commettre d’erreur.

 

Mais pourtant peut de temps après…

 

 

Deuxième partie.

 

Kitok venait d’avoir trois ans, c’était le début de l’automne.

Ses parents avaient suivit leurs maîtres quand ils avaient déménagé, ce qui fait qu’il était désormais seul avec Boris, Muk et Luk.

Il travaillait pour le transport du courrier, et il faisait des voyages épuisant, entrecoupé de période de repos. C’est pendant un de ces repos que se produisit le quatrième grand événement de sa vie, de très loin le plus important.

 

 

- Tu viens ? On va à la chasse avec les hommes, lui demanda un autre chien.

- Non ! Tu sais très bien que je n’aime pas ça.

En effet, Kitok détestait la "chasse" telle que la pratiquaient les humains. Cela lui semblait inutile et même cruel, au contraire de la chasse "naturelle" que lui et les autres chiens faisaient parfois pendant les voyages, quand ils avaient vraiment faim.

Mais l’autre se montra persuasif.

- Mais là c’est différent, c’est une chasse au loup. Nos hommes ont repéré une petite meute qui est un peut trop prés de la ville, et ils ont besoin de nous pour la détruire.

- Ah bon, des loups ! Répondit Kitok.

- Je viens de te le dire.

- Sérieux, on va chasser des loups ?

- Ouais ! Ca va être super, tu vas voir.

Kitok se souvint de la mort de Melas, elle était tellement douce et gentille, il en avait été très triste, presque comme si c’était sa propre mère. Alors il était joyeux de pouvoir faire la chasse à des loups. Ceci dit, il eut comme un pressentiment, il ne savait pas pourquoi mais il avait l’impression que ça pourrait ne pas être si bien que ça.

Puis il chassa cette idée de sa tête. Les loups sont des monstres, il avait entendu toutes les histoires que l’on racontait sur eux, et il n’avait pas de raisons de penser qu’elles pouvaient être fausses ! Il paraîtrait même, horreur absolue, que les loups s’attaquent aux hommes ! Et ça Kitok ne pouvait pas l’admettre.

 

C’est ainsi qu’il se retrouva en train de traquer, avec d’autres chiens, un couple de loup adulte avec cinq louvarts. Il les avait entrevus à un moment, la femelle était blanche comme la neige, le mâle était gris foncé et très grand, les louvarts étaient gris, sauf un qui était aussi blanc que sa mère et plus grand que les quatre autres.

En fait Kitok avait un rôle passif, c’était la première fois qu’il chassait le loup (et même la première fois qu’il chassait tout court avec des hommes), et il se contentait d’observer pour les éventuelles prochaines



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Commentaires

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Derniers commentaires

16 Novembre 2010
Ancien Modérateur France Garçon
Is that a piano ?
J'ai adoré même si je crois qu'il manque la fin non?:o




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