En
effet, c’est impressionnant, on aurait dit un vrai loup ! Mais il a
beaucoup hésité, je ne crois pas qu’il ferait un bon chien de combat, pas assez
hargneux.
Balto se
laissa faire quand on le ramena à sa cage, il était trop choqué pour vouloir se
rebeller. Choqué d’avoir tué, mais aussi il se souvenait de ce chien, il
n’avait même pas parlé avant d’attaquer, on aurait dit qu’il avait perdu toute
intelligence, « est ce que je deviendrais comme lui ? » se
demanda-il.
- Tu
vois ! On dirait un agneau maintenant, alors que les chiens pour le combat
restent agressifs en général. Non, on le vendra comme bête de scène.
Balto
n’avait pas vraiment fait attention à ce qu’il disait, mais il vit à ce moment
là que, pour la première fois, la porte de la cave était restée entrouverte :
Ils avaient oublié de la verrouiller, visiblement impressionné par le carnage
qu’ils venaient de voir. D’un coup il se rendit compte que s’il voulait avoir
une chance de quitter cette horreur il fallait le faire maintenant !
Alors
qu’il était devant la porte de la cage, de toute la puissance des ses muscles
il s’arracha des mains qui le tenaient et courut vers la porte.
-
Hé ! Il se tire !
Balto
passa la porte, monta les escaliers en trombe et se retrouva dans la pièce
principale. En face de lui une fenêtre fermée par de simple persienne, il fonça
et passa au travers, et il se retrouva enfin dehors, la première fois depuis un
mois ! Mais il n’avait pas le temps de s’en réjouir, car les autres
remontaient déjà les escaliers. Il partit en courant.
La maison
était en fait un peut à l’écart de Nome, à quelque centaine de mètre à peine de
la rue principale. Ne savant pas où aller, Balto fila droit sur la ville. Il
craignait que les autres ne lui tirent dessus, mais heureusement ils étaient
trop prés des maisons pour utiliser une arme à feu sans risquer d’attirer
l’attention, par contre ils montèrent à cheval et partirent à sa poursuite.
Balto
allait le plus vite possible, mais pas assez ! Comme il arrivait à la
limite de la ville, un des hommes lui envoya un filet dessus, il roula par
terre et se retrouva immobilisé.
Il avait
perdu tout espoir, quand, pour une fois, la chance lui sourit.
- Qu’est
ce que vous faites ? Dit d’un coup une voix autoritaire.
Balto et
les deux hommes furent surpris : Le shérif ! Pendant sa patrouille il
avait vu les deux hommes arriver comme des fous à cheval, ça l’avait intrigué
et il avait décidé d’aller voir de plus prés ce qu’il en retournait.
Nos deux
lascars n’en menaient pas large, dans leur précipitation ils n’avaient pris que
le filet et des cordes, alors que le shérif était armé.
-
Tiens ! Monsieur Calder, et son joyeux acolyte, comme ont se
retrouve ! Qu’est ce que vous faites comme mauvais coup cette fois ? Dit
le shérif.
Puis il
vit Balto, et remarqua qu’il était ensanglanté.
- Vous
faite encore un trafic de chiens de combat ? Je vous avais bien dit que la
prochaine fois se serrait direct la prison !
-
Non ! Non ! Non ! Ce n’est pas ce que vous croyez, il a attaqué
un de nos chiens, et on est partit à sa poursuite pour…
A ce
moment là, Balto réussit à s’extraire du filet et s’échappa en direction de la
ville.
-
Oh ! Il fout le camp ! Ne le laissait pas faire, il est
dangereux !
Mais
Balto avait déjà disparut entre deux maisons.
- Tans pis, on s’en
occupera plus tard, vous d’abord ! Dit le shérif. Moi et mes hommes on va
aller chez vous, et si ont trouvent encore des chiens volés, vous irez en tôle
cette fois, et pour un petit moment.
- Mais,
mais, vous vous trompez voyons…
Balto était désormais trop
loin pour entendre la suite, il courait en plein milieu de la ville, bien des
gens le voyaient et semblaient s’inquiéter de le voir plein de sang. À cause du
choc qu’il avait subit, ce n’est qu’au bout d’un moment qu’il pensa à retourner
au bateau.
Boris,
Muk et Luk avaient recherché Balto après ça disparition, en vain ! Ils
s’étaient bien approchés de la maison où il se trouvait, mais il y avait un
vieux chien tout balafré attaché à l’extérieur (le vieux Nick en fait), il
était très agressif et aboyait comme un fou quand ils s’en approchèrent, ce qui
fait qu’ils n’avaient pas pu voir que Balto été enfermé à l’intérieur. Ils
avaient fouillé presque tous les autres recoins de Nome, sans succès bien évidemment.
Il n’y
avait personne lorsque Balto arriva au bateau, alors, comme il l’avait fait
après la mort de ses parents, ils descendit dans la cale, et se coucha dans un
coin.
Boris et
les deux oursons ne le trouvèrent pas de suite quand il arrivèrent (puisqu’ils
ne le cherchaient pas, ils croyaient qu’il avait disparut définitivement), ce
n’est que lorsque Balto sortit en les entendant qu’ils le virent. Boris lui
sauta au cou, mais recula tout de suite en se retrouvant plein de sang !
Balto ne
parlait pas, ils essayèrent de le réconforter, sans sucés au début, et c’est
tous juste s’ils parvinrent à le mener au bord de l’eau pour le laver. Il
semblait avoir fait un retour en arrière, comme au temps du massacre de sa
famille par les chasseurs.
Heureusement
son extraordinaire capacité de récupération était toujours là, et en quelques
semaines il se remit, du moins en apparence. Car il était maintenant bien
sombre, toujours de mauvaise humeur, et triste, il restait donc une trace de ce
qu’il avait subit.
Sa
situation à Nome ne s’arrangeait pas, au contraire. Les chiens, et les humains
dans une moindre mesure, étaient un peut contents lorsque Balto n’était plus
là. Seul Steele savait où il était, et allait souvent voir, par plaisir, les
sévices que lui infligeaient les deux trafiquants (il ne craignait pas d’être
volé par ces lascars car ils n’auraient pas osé s’en prendre à un chien aussi
célèbre, cela aurait été trop risqué). Alors, quand ils virent Balto revenir,
ils furent contrariés et s’en prirent à lui encore plus qu’avant.
De plus,
Steele ne s’était pas fait prier pour raconter ce qui c’était passé, en
particulier le fait que Balto ait mis en pièce un autre chien, et d’une manière
particulièrement violente (ce jour là aussi, Steele regardait par-dessus le
mur).
Les
hommes aussi se méfiaient encore plus de lui, ils avaient compris qu’il était
le chien qu’avait vu le shérif le jour où il avait arrêté les deux trafiquants,
et qu’il était donc passé entre de mauvaises mains et avait probablement été
entraîné aux combats, ce qui peut être lui avait fait prendre goût au plaisir
de tuer !
Et tout
ça Balto le ressentait. Et pour tout dire, il en avait marre d’être à moitié
loup ! Et un soir il le dit à Boris.
-
Balto ! Comment peut-tu dire ça !
- TU NE
VOIS DONC PAS ! C’est parce que je suis à moitié loup que les gens ont
peur de moi, c’est parce que je suis à moitié loup que les chiens se moquent de
moi, et enfin c’est parce que je suis à moitié loup si ces deux monstres m’on
capturé. Je les ais entendus, c’est moi qu’ils voulaient, c’est pour moi et moi
seul qu’ils ont posé le piège qui m’a attrapé, et ce qui les intéressaient c’était
mon coté loup et rien d’autre !
-
Calme-toi…
- Et tous
ça parce que mon imbécile de père a voulu se payer une louve !
-
BALTO ! Ne dit pas horreurs pareilles ! Ton père aimait ta mère,
réellement, se n’était pas… un simple flirt de passage comme tu sembles dire.
C’était vrai amour entre eux, et ils seraient rester longtemps ensemble si…
s’ils n’étaient pas morts.
-
SI ! Parlons-en des "si". SI Kitok avait pris une
chienne comme compagne, SI il avait fait comme les autres chiens, alors moi je
n’aurais pas vu ma famille exterminer pas des chasseurs, je ne me ferais pas
rejeter par les hommes et les chiens, je n’aurais pas été capturé par des fous
qui voulait me vendre à je ne sais qui. Si ma mère avait été une chienne, une
chienne ordinaire, (il parlait avec des trémolos dans la voix maintenant) je
serais là bas, en ville, j’aurais un maître qui m’aimerait, je pourrais faire
des courses de traîneaux, tous les chiens seraient amis avec moi, et personne
ne traiterait de monstre, de bâtard, et de de…
Puis Balto
fondit en larmes, dans les bras de Boris.
- Tu es
ce que tu es, Balto, rien de plus.
- Je
voudrais tellement être comme les autres. Dit-il en pleurant. Je le voudrais
tellement !
- Tu es
unique, c’est comme ça !
Et
soudain Balto se rappela quelque chose.
- Boris…
tu te souviens ce que m’a dit Steele l’autre fois.
- Quoi
donc ?
-
« mais quand tes instincts bestiaux referons surface, tu ne pourras plus
te contrôler », et bien c’est exactement ce qui m’est arrivé avec le vieux
chien, je ne me contrôlais plus, je l’ais mis en charpie !
- C’était
conditions exceptionnelles, tu avais passé un mois difficile, et ce chien
aurait tué toi si tu t’étais pas défendu.
- Et il
n’y a pas que ça, peut de temps après ma capture, juste avant… les premiers
coups de fouet, j’ais mordus un des hommes à la main, comme ça ! Sans le
vouloir ! Et bien avant, quand Steele m’a attaqué la première fois, à un
moment il fut à terre, vulnérable, et là, pendant une seconde, j’ais eu envie
de le tuer ! Et
| Page Précédente | 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 | Page Suivante |
| 30 Septembre 2011 | ||
Admin du Site, Constructeur de Site (Inf... | ||
| Grande Méchante Admin ~ |
Woow je n'avais jamais lu et commenté - c'est en tout cas une superbe
histoire, très dur à lire et à vivre pour Balto, mais passionnante.
Dommage que les grands écrivains comme toi ne passent plus ici ![]() |
![]() | 16 Juillet 2010 | |
merci! tu m'as fait comprendre, plus que Miyazakhi lui-même, le point
de vue de San! |
![]() | 29 Janvier 2010 | |
pour ce que j'ai lu, il était très bon! Mais depuis que je suis
anglais j'ai dû utiliser un traducteur thats pourquoi j'ai cessé de
lire xD |