pour bien se souvenir de ce qui s’est passé dans les minutes
suivantes, il se retrouva ensuite dans les mains d’un des chasseurs, un autre
discutait avec lui.
- Tu
comptes le vendre à Calder ?
- Je ne
sais pas, il ne peut pas intéresser un zoo car ce n’est pas un loup pure race,
pour les combats de chiens peut être ? Ah mais on n’a pas le temps, il
faut qu’on aille faire la tournée de tous nos pièges, on va pas se le trimbaler
tout le long ! S’il ne nous sert plus à rien on s’en débarrasse.
Des coups
de feu claquaient au loin, puis au bout d’un moment les deux chasseurs furent
rejoints par l’autre groupe, avec les chiens.
- Vous
l’avez eu, le deuxième loup blanc ?
- On l’a
touché, et d’après les traces sur le sol il pisse le sang, on aurait pu le
rattraper mais cet enfoiré a sauté dans un torrent et le courrant l’a emporté.
- On a
encore besoin de lui ? Demanda celui qui tenait Balto
- A mon
avis, si l’autre n’a pas crevé il ne sera pas en état de revenir le chercher
avant un bail, fait en ce que tu veux.
- Une
petite course ça vous dit les chiens ? On lui donne combien d’avance, 30
secondes ?
- Une
minute, il est vraiment jeune, il doit pas courir bien vite.
L’homme
posa Balto par terre et le lâcha, tandis que les autres retenaient,
péniblement, les chiens.
Balto se
mit tout de suite à courir le plus vite possible, il ne savait pas où aller, il
fila tout droit. Il allait plus vite que ce que pensaient les chasseurs, mais
les chiens finiraient par le rattraper, et alors…
Balto
courrait toujours, mais il était à bout de force, les chiens le rattrapaient,
c’était inévitable, et quand il arriva au bord d’une falaise il compris qu’il
allait sûrement mourir.
Le
premier chien arriva sur lui et essaya de le mordre, mais heureusement il le manqua.
Mais Balto se retrouva tout au bord, acculé par le chien qui l’avait attaqué,
et les autres arrivaient. En désespoir de cause il sauta dans le vide.
La
falaise n’était pas très haute, mais la chute lui parut effroyable. Il traversa
le feuillage d’un arbre puis un gros buisson qui le ralentirent, enfin il
toucha le sol qui heureusement était souple. Mais il fut quand même assommé un
moment.
Quand il
revint à lui il avait mal un peut partout. Il se releva péniblement et se
souvint des chiens et des chasseurs.
Par
chance il était caché par la végétation, car en haut les chasseurs scrutaient
le bas de la falaise, les fusils prêts.
- Même
s’il a survécu à la chute il doit être salement amoché, et puis de toutes
façons un louveteau aussi jeune ne pourra pas survivre seul.
- Et
l’autre ? Le loup blanc qu’on a blessé, il pourrait le retrouver s’il a
survécu !
- Le
torrent où il a plongé se dirige à l’opposé d’ici, et je le connais, le courant
reste fort sur des kilomètres et des kilomètres. Non, il est seul.
-
Clyde ! Tu connais bien le coin, il y a un chemin qui permet de descendre
en bas ?
- Oui,
mais on en a pour plusieurs jours de marche, le relief est vraiment tordu par
ici.
- Et
notre corde n’est pas assez longue pour descendre.
- Elle
l’est assez pour pouvoir sauter une fois au bout.
- Et
après, tu ferras comment pour remonter ? Imbécile !
- Ah
ouais !
- Bon,
tant pis ! Aller les gars, on met les voiles, on a d’autre chose à faire,
il faut retrouver les autres bâtards, puis vérifier tous nos pièges.
Balto
attendit plusieurs heures pour être sûr qu’ils étaient bien partis, et aussi
pour se remettre et se reposer, puis il se mit en marche.
Mais il
ne savait pas où aller, ses parents étaient morts, et son grand frère peut être
aussi, et de toute façon il ne savait pas où il était.
Il
marchait sans but, tout droit, et puis il se rappela : Kitokavait des amis, ceux du bateau, et Doc le saint-bernard, il fallait les
trouver. Doc vivait en ville, hors de question d’y aller, les événements qu’il
venait de subir l’avais rendu très craintif envers les hommes. Restait donc
Boris et les deux oursons.
Le chemin
fut long, Balto avait du mal à se souvenir, mais il réussit à atteindre la
lisère de la forêt au bord de la plaine menant à Nome, et là il eut peur. Pour
atteindre le bateau il devait s’approcher de la ville, s’approcher de ces
hommes, dont certains d’entre eux avaient massacré sa famille ! Mais en
prenant son courage à deux pattes il se lança.
Il était
déjà très fatigué, mais enfin il parvint à son but. Quand il arriva au bateau,
Boris le vit depuis le pont.
- Qui
est-tu ? Demanda-t-il.
- Ils
sont morts... ils sont morts !
- Mais…
tu es Balto ! Où est ton père ?
Boris
descendit en bas pour l’accueillir.
- Ils
sont morts, ils sont morts... ils les ont tués ! Et Balto fondis en
sanglots. Ils les ont tous tués !
- Qui est
mort ? Demanda Boris, même s’il commençait à comprendre. Balto
réponds-moi !
Mais
Balto avait atteint le bout du rouleau, la fatigue devint d’un coup impossible
à combattre, il se laissa aller et s’endormi.
…
Balto s’était réveillé, mais il était en état de choc, il restait prostré dans la cale du bateau, le regard absent, les oreilles tout le temps rabattues en arrière, il ne parlait pas, ne voulait pas sortir, ne mangeait rien.
Boris était
aller chercher Doc, il le mit au courant de la situation, et sur le fait que Balto
était à moitié loup, ce que Doc avait déjà comprit, mais il accepta de venir
aider.
Et ce n’est que lorsque ce dernier arriva au bateau,
et essaya de rentrer dans la cale, que Balto réagit. Et quelle réaction !
Jamais Boris n’avait vu un chiot paniquer à ce point, il devint comme fou,
essayant de sortir par la brèche de la coque, mais elle était bloquée par Doc,
puis il voulut sauter par l’écoutille menant au pont, sans y parvenir,
finalement il se mit à courir en tout sens dans la cale. On aurait dit une bête
sauvage prise au piège. En fait c’était ça, Balto était redevenu complètement
sauvage !
Doc
partit alors en courrant pour s’éloigner du bateau, et Balto se calma, puis
retourna à sa place, mais il restait tendu, tout tremblant.
Il lui
fallut énormément de temps pour ce remettre, et pour accepter la présence de
Doc. Pendant des semaines Boris du faire preuve de beaucoup de patience, et il
devint à la fois son père, sa mère et son grand frère.
Heureusement
Balto avait une formidable capacité de récupération, autant mentale que
physique, un héritage de ses ancêtres loups probablement. Petit à petit il se
réhabitua à la présence des chiens, puis des hommes, et il pu retourner en
ville.
Mais au fond de lui-même resterait à tout jamais une certaine crainte des hommes.
Le
vétérinaire était venu faire une visite, car la fièvre de Balto s’éternisait.
-
J’ais bien peur qu’il n’ait été touché plus gravement que ce que je pensais.
- Que
faire alors ? Demanda la mère de Rosy, ça fait quatre jours qu’il est
comme ça, il n’y a pas de médicaments, de "potion" pour guérir de
cette fièvre.
- Non,
il faut laisser faire son système immunitaire. Comme je vous l’ais dit, Balto
est très résistant, à sa place un chien ordinaire serait déjà mort, mais... si
la fièvre ne tombe pas dans un ou deux jour... il mourra, j’en ais bien peur.
Peut
de temps après qu’il soit partit, Balto recommença à parler.
- Il
veut me tuer, Boris, il veut me tuer !
Balto
grandissait vite, en quelque mois il atteignit sa taille adulte, puis il
développa sa musculature.
Il se
nourrissait de poissons, de déchet, de charognes qu’il trouvait en forêt, et
surtout de rats. Il était devenu expert dans la chasse aux rats, et savait les
débusquer partout, il avait appris à accéder aux sous-sols des maisons pour les
traquer dans leurs derniers retranchements.
Pendant
ce temps Balto faisait tous son possible pour se faire accepter par les hommes
et les chiens, pour cela il avait une technique simple : Chaque fois qu’il
en rencontrait, il se laissait approcher et se soumettait.
Il savait
que les enfants aimaient les chiens et qu’ils essayaient de venir le caresser.
Au début il se laissait faire, mais il s’aperçut que cela faisait peur à leurs
parents, alors ensuite chaque fois qu’enfant essayait, il s’éloignait
tranquillement d’un ou deux mètres, en gardant tête basse. Ca semblait rassurer
les parents, de voir qu’un tel animal ait visiblement peur.
Et puis
les hommes s’étaient rendus compte que Balto était un excellent chasseur de
rat, et qu’il en tuait beaucoup. Cela n’était pas pour leurs déplaire car les
rats pillaient parfois leurs provisions et pouvait faire beaucoup de dégâts.
Mais voilà, il était à moitié loup, et il leur ressemblait beaucoup, chaque fois que quelqu’un le croisait, il ne
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| 30 Septembre 2011 | ||
Admin du Site, Constructeur de Site (Inf... | ||
| Grande Méchante Admin ~ |
Woow je n'avais jamais lu et commenté - c'est en tout cas une superbe
histoire, très dur à lire et à vivre pour Balto, mais passionnante.
Dommage que les grands écrivains comme toi ne passent plus ici ![]() |
![]() | 16 Juillet 2010 | |
merci! tu m'as fait comprendre, plus que Miyazakhi lui-même, le point
de vue de San! |
![]() | 29 Janvier 2010 | |
pour ce que j'ai lu, il était très bon! Mais depuis que je suis
anglais j'ai dû utiliser un traducteur thats pourquoi j'ai cessé de
lire xD |