C'était surtout, une âme en peine à soif de revanche qui ne contrôlait plus sa rage accumulée pendant plus d'un an. Comme ses blessures physiques libéraient son sang, ses blessures intérieures libéraient sa haine.
Les autres chiens ayant vu la scène avaient accouru et faisaient un cercle autour du chasseur. Les hommes tentaient de les séparer, en vain. Un homme fort tentait même de libérer le chasseur en tirant sur le collier de Barrow (pour les attelages qu'il avait gardé) mais sans succès, le loup tenait bon, coriace, déterminé à en finir avec le chasseur.
Stan avait peur, le regard du loup était terrifiant. Son grognement féroce, ses pattes sur son torse, ses crocs près de la nuque....il récoltait ce qu'il avait semé: la haine.
C'était long, et rien ne bougeait. Pourtant, il fallait une fin à cette fin. Barrow n'avait plus de force. Certes, il avait la volonté, plus que jamais, de tuer ce fou, mais les forces lui manquaient et, de plus en plus, il sentait la balle logée dans son ventre le faire souffrir. Cette balle tirée par Stan mettra fin à la scène et Barrow s'écroula sur le chasseur, à bout de forces. La première idée des humains était d'isoler le chien qui visiblement, était plus que sa. Mais la plupart des humains n'osaient pas l'approcher et si un humain touchait à une arme, tous les chiens se mettaient à grogner.
Balto, Jenna et Nikki, qui fût tout de même concerné pour son demi-frère, l'emmenèrent à la chaufferie, comme avant pour tenter de le soigner.
Jenna: Je vais tenter de faire venir le vétérinaire.
Elle partit. Arrivée près du veto de la ville, qui n'était pas loin puisqu'il assistait à la scène, il était évident qu'il n'accepterait pas de soigner la " bête ". Jenna s'approcha de lui et faisait mine d'être blessé.
Veto: Bah qu'y a-t-il ? Tu as mal à la patte ?...mais reviens !!
Jenna trottinait vers la chaufferie, l'air de rien, faisant semblant de boiter. Une fois à l'intérieur elle se mit à aboyer près du chien, qui souffrait le martyre. Le vétérinaire ne pouvait qu'être touché en voyant Barrow à l'agonie. Il s'approcha très doucement. Le chien respirait doucement, plaintivement.
Barrow: Laissez...tombez, finissez moi je ne tiens pas à mourir en souffrant soyez sympa.
Balto: Certainement pas !
Nikki: Tu vas t'en sortir.
Barrow: Si seulement je pouvais être aussi optimiste.
Veto : Voyons voir sa.
Il regarda la plaie. Le pelage du chien était rouge autour de la balle qui semblait bien logée et qui ne semblait ne pas vouloir s'en aller.
Barrow: Non mais sérieusement finissez-moi là.
Les autres ne répondaient pas et laissaient faire le vétérinaire.
Veto : Bon sa va faire un peu mal.
Barrow n'aimait pas le "un peu" qui semblait 100% faux. Il prit son os, qui trainait là et se mit à le serrer comme jamais entre ses crocs.
Veto: 1...2…
Le compte à rebours était insupportable mais heureusement, très bref. Au troisième chiffre, le veto retira la balle d'un coup sec et l'os se fendit en deux sous la puissance des crocs de Barrow. Mais au moins, sa vie n'était plus en danger et il faut le dire, il en était plutôt content sur le moment. Un très court instant puisque presque immédiatement après, il s'évanouit.
Balto: Je crois qu'il se réveille. Barrow ? Eh oh du bateau !
Barrow: Hein ? Quoi ?
Le chien se leva et regardait son ami. Il avait des courbatures partout. Après un bref regard aux alentours, il remarqua qu'il était sur le bateau abandonné de Balto.
Balto: Tu vois je t'avais bien dit que...
Barrow: Merci, mais je crois que j'ai envie d'être un peu seul, si sa te déranges pas.
Balto: Ah...très bien vas-y mais fais attention tu n'as pas complètement cicatrisé.
Barrow: T'inquiètes !
Le chien partit, faisant comme si tout allait bien, très bien. La réalité en était tout autre. Un flot continu de questions l'inondait. Hier soir...quelle matinée éprouvante...et dire que c'était tout juste ce matin, qu'il y a quelques heures, il était dans cette cave glauque et sombre. Et le voilà maintenant qui marchait dans la neige fraîche en direction de la forêt. Visiblement, la course avait été annulée. Il entendit un couple d'oiseaux qui n'avaient pas migré que c'était pour demain. Les questions se succédaient. Pourquoi avait-il réagit d'une telle façon, lui, si timide, réservé, pacifiste. Cela le dépassait. Il était donc différent ? En quoi ? Pourquoi ? Et pourtant, il aimait bien cette sensation, de perte de contrôle de lui même, l'envie de violence, de combat de victoire. Il n'en savait trop rien. Le maux de tête arrivait. "Barrow....Barrow...." Il entendait des voix à présent ? Non on l'appelait bel et bien. Il se retourna, c'était Sylvie, une chienne, une vague connaissance qui semblait toujours mal à l'aise près de lui.
Sylvie: Attends !
Barrow: Mais que fais-tu là ?
Sylvie : Il faut que je te dise quelque chose. Ta mère m'avait dit de ne pas te le dire, mais je n'ai pas vraiment le choix aujourd'hui.
Barrow: Comment ? Tu connais ma mère ?
Sylvie: Connaissait. Ecoutes, il faut à tout prix que tu saches, Nikki et toi vous n'êtes pas vraiment frères.
Barrow: Mais qu'est ce que tu racontes ? Si c'est une mauvaise blague ce n’est vraiment pas drôle.
Sylvie : Ah si je t'assure, vous êtes demi-frères.
Barrow: Je t'écoute. Et alors ?
Sylvie: Ton père...
Barrow: Mon...père ?
Sylvie : Oui ton père.
Barrow: Oui bah quoi mon père qu'est ce qu'il a mon père ?
Sylvie: Tu pourrais être plus sympa quand même !
Barrow: Désolé j'ai l'impression que tu me fais perdre mon temps.
Sylvie: Pourquoi t'a une course à faire ? *
*une course à faire. Expression très commune chez les chiens d'Alaska qui pourrait se traduire par "un train à prendre" en français courant.
Barrow, soupirant, Allons bon continue.
Sylvie: Ce n'est pas celui que tu crois.
Barrow: S'il te plait crache le morceau parce que là...
Sylvie: C'est un loup.
Barrow: C'est un loup oui bien sur...un quoi ??!
Le loup avait fait un léger bond en arrière. Un loup. Son père. Pendant un moment, il pensait qu'elle était bel et bien devenue folle ou qu'elle se fichait de lui et pourtant, sa semblait coïncider avec ce qui c'était passé le matin même.
Sylvie: Oui un loup je te l'avais pas dit parce que ta mère voulais pas que tu te sentes différent des autres.
Barrow: M..merci pour...ça.
Il se retourna, toujours ébahi et continua sa route alors que Sylvie hochait la tête et retournait en ville.
Un loup. Lui. Un loup ! Il n'en revenait toujours pas. Il était comme Balto alors. Un hybride. Mais non c'est pas possible elle raconte sûrement n'importe quoi. Il est né chien et restera un chien puis mince ! Et pourtant...l'idée était logique. Il chassait très bien, cela a été confirmé avec son année avec Stan. Bon et alors ? Il savait chasser sa ne prouvait rien du tout. Rien de rien. Il n'y prenait pas de plaisir à chasser de toute façon. Sa ration quotidienne lui suffisait amplement. Et pêcher ? Il ne l'avait jamais fait. Il vit un petit ruisseau. Il s'approcha, doucement et regardait les poissons passer dans l'eau. Il tenta d'en attraper un, sans succès. Il réessaya. Raté.
°Bah voilà je sais pas pêcher du tout c'est bien la preuve que...°
Plouf !
En pensant cette phrase, il tenta d'attraper un poisson et maladroitement tomba dans l'eau. Il ressorti, trempé, frigorifié, et bien énervé. Il s'arrêta avec stupeur en découvrant un raton laveur devant lui qui était, complètement mort de rire, affalé.
Barrow: Haha très drôle.
Il se secoua.
R-laveur: Désolé mais c'est vraiment trop drôle.
Barrow: Bah vas-y toi.
R-laveur: Ah pas possible.
Barrow: Alors rit pas !
R-laveur: Ah bah si c'est marrant.
Barrow, grognant: Tu commences à me gonfler.
R-laveur: Oula calme toi le loup, j'ai rien fait de mal moi je suis qu'un honnête raton
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| 23 Mars 2012 | ||
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Excellent franchement! L'histoire tient très bien la route, les
dialogues sont bien répartis, l'action est pratiquement
omniprésente...que du positif! J'adore! J'ai passé 1h30 devant mon
écran à lire, tellement je voulais tout lire et tout bien comprendre.
Merci à tous les gens comme toi, qui nous font vivre du rêve, et
continuent à assurer la pérennité du monde de Balto. Merci. ![]() |